Présidentielle : comment les candidats se saisissent de la colère des Français

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© Sipa

Alors qu’elle vient d’être élue candidate des Républicains à la présidentielle de 2022, Valérie Pécresse n’oublie pas de préciser, dans sa courte allocution de fin de Congrès le 4 décembre qu’elle "ressen[t] la colère d’un peuple de France qui se sent impuissant face à la violence et à la montée du séparatisme islamiste, qui se sent menacé dans ses valeurs et ses modes de vie par une immigration incontrôlée, emprisonné aussi sous le poids écrasant de la bureaucratie et de la dette".

Seize ans plus tôt, quasiment jour pour jour, Arlette Laguiller convoquait cette même image d’un peuple exaspéré : "Ce que je souhaite, dit-elle alors, c’est que les travailleurs ne se contentent pas d’exprimer leurs sentiments dans les urnes, mais qu’ils les expriment par un coup de colère qui surprenne et terrorise vraiment le grand patronat et la bourgeoisie."

Deux candidates, deux scrutins présidentiels, deux façons d’utiliser un même sentiment. Si la mobilisation de la colère est une constante dans les discours de campagne présidentielle, les usages qui en sont faits divergent fortement d’un candidat à l’autre. Ce sont les conclusions d’une étude que nous avons menée sur un corpus de près de 5.000 messages électoraux émis entre 1981 et 2017 par les formations représentatives du spectre partisan français.

Un sentiment contraire aux aspirations démocratiques

L’activation de ce sentiment en campagne n’est certes pas surprenant, tant la compétition entre candidats et entre visions du monde y es...


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