Présidentielle en Côte d’Ivoire: bras de fer politique dans l’attente des résultats

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Ambiance tendue en Côte d’Ivoire où les résultats de la présidentielle de ce samedi doivent maintenant être promulgués. Le scrutin a été boycotté par l'opposition qui parle déjà d'un « échec » du pouvoir alors que le président Alassane Ouattara, qui brigue un troisième mandat très controversé, a appelé au calme.

Avec nos envoyés spéciaux à Abidjan, Alexandra Brangeon et Laurent Correau

Tout le pays est suspendu à l’annonce des résultats, et à la stratégie de l’opposition. Pendant ce temps, c’est la guerre des communiqués, un véritable bras de fer politique.

Samedi soir, le directeur exécutif du RHDP, Adama Bictogo a « félicité les Ivoiriens pour s’être déplacés massivement ». Le parti au pouvoir estime que l’opposition a échoué dans son appel au boycott, ajoutant que les incidents qui ont été enregistrés à travers le pays n’ont touché qu’une cinquantaine de bureaux de vote sur plus de 22 000.

Pour l’opposition, le boycott auquel elle avait appelé est au contraire une victoire. « À l’est et à l’ouest du pays, 90% des bureaux de vote ont été fermés », affirmait samedi soir Pascal Affi N’Guessan. Pour l’un des leaders de l’opposition, les Ivoiriens ont « refusé de s’associer à cette mascarade d’élection ».

La question maintenant est de savoir quelle sera la stratégie de l’opposition. Une déclaration de la coalition de l’opposition est attendue ce dimanche en début d’après-midi. D’ores et déjà, sur son compte Twitter, Guillaume Soro a indiqué qu’il ne reconnaissait plus Alassane Ouattara comme président de la République, tandis que Simone Gbagbo a publié un communiqué dans lequel elle appelle à la « mise en place d’un gouvernement de transition ». Un gouvernement qui selon elle « aura pour missions principales de jeter les bases d’une vraie réconciliation nationale et de créer, dans les meilleurs délais, les conditions d’une élection présidentielle, démocratique et apaisée ».

Des morts dans les violences de samedi

En tout cas, les deux camps, autorités et opposition, s’accordent à dire qu’il y a eu des incidents et des morts, mais ils sont en désaccord sur l’ampleur de ces violences. Il y a en tout cas eu des zones où des barricades ont été posées, d’autres où des bureaux de vote ont été détruits. Des endroits où le vote a été perturbé comme à Bonoua, à une soixantaine de kilomètres à l’est d’Abidjan, ou comme au quartier Blockhauss dans la capitale économique.

Le nombre exact de victimes reste à être confirmé de source indépendante. À Tiébissou, dans le centre du pays, selon le maire de la ville Germain Ndri, quatre personnes sont décédées et 27 ont été gravement blessées lors d’affrontements dans un bureau de vote samedi matin. Le maire ajoute que la situation est calme ce dimanche matin. Les marchés et les boutiques de la ville sont fermés.