Le Burkina s'est rendu aux urnes pour un double scrutin sous la menace jihadiste

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Le Burkina Faso a voté, dimanche, pour un double scrutin législatif et présidentiel dans un contexte tendu, illustré par la fermeture de bureaux en cours de journée face à des "menaces", dans ce pays en proie à des attaques jihadistes incessantes.

Le Burkina Faso a voté, dimanche 22 novembre, pour élire son président et ses députés dans un contexte politique et sécuritaire tendu, dans un contexte tendu marqué par les menaces et violences jihadistes.

Quelque 6,5 millions d'électeurs étaient appelés aux urnes et les bureaux de vote ont fermé à 18H00 GMT. Les résultats, dont la compilation et publication par commune débutent dimanche soir, sont attendus pour les jours à venir.

Politiquement, cette présidentielle apparaît comme la plus ouverte de l'histoire du pays. Les opposants ont annoncé qu'ils s'uniraient derrière celui arrivé en tête pour le deuxième tour, un cas de figure qui n'est encore jamais arrivé dans le pays.

Roch Marc Christian Kaboré, élu en 2015 et qui brigue un second mandat, fait face à 12 adversaires, dont Zéphirin Diabré, chef de file de l'opposition, et Eddie Komboïgo, candidat du parti de l'ex-président Blaise Compaoré, dont le régime tombé il y a six ans fait l'objet d'une nostalgie croissante.

Si à Ougadougou le vote s'est déroulé sans encombre, des bureaux ont dû fermer ailleurs dans le pays, "en raison des menaces", a déclaré lors d'un bilan à la mi-journée, le président de la Commission électorale Newton Ahmed Barry. "Des individus ont interdit aux populations de prendre part au vote", a-t-il ajouté sans plus de précisions, estimant néanmoins que "dans l'ensemble […] tout se pass[ait] bien".

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Début novembre, la Cour constitutionnelle avait constaté que l'élection ne pourrait se tenir sur 17,7% du territoire, faute d'une présence de l'État, administrative et sécuritaire, suffisante.

A Arbinda, dans le nord du pays, "en temps normal on a cent bureaux de vote mais on a pu (en) ouvrir vingt-cinq", a expliqué le président de la Commission électorale.

Et dans certaines localités de l'Est et du Nord, les plus touchées par les attaques jihadistes, "on a dit à des populations que celui qui plonge son doigt dans l'encre indélébile peut dire adieu à son doigt", selon M. Barry.

Pays sahélien très pauvre, le Burkina vit ses heures les plus sombres depuis l'indépendance de 1960, s'enfonçant depuis cinq ans dans une spirale de violences jihadistes et intercommunautaires.

Les attaques des groupes jihadistes - certains affiliés à Al-Qaïda, d'autres à l'organisation État islamique -, souvent entremêlées de violences intercommunautaires, ont fait au moins 1.200 morts et chassé de leurs foyers un million de personnes, qui s'agglutinent dans les grandes villes.

Aucune mesure spécifique n'a été prise pour que ces déplacés puissent voter.

Avec AFP