Présidentielle: Bruno Le Maire admet que l'élection de Marine Le Pen est "une possibilité politique"

Robin Verner
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Bruno Le Maire face à Apolline de Malherbe.  - BFMTV
Bruno Le Maire face à Apolline de Malherbe. - BFMTV

C'est à Bercy que le ministre de l'Economie, Bruno Le Maire, a reçu nos équipes pour Apolline de Malherbe, le rendez-vous, diffusé ce samedi. Celui qui raconte dans L'Ange et la bête, mémoires provisoires, venant de paraître, sa vie au sein du pouvoir, a décrit la situation politique du pays et l'avenir immédiat. Il a ainsi assuré qu'une victoire de Marine Le Pen à la présidentielle de 2022 était une éventualité.

"L’élection de Marine Le Pen, on le sait tous, est une possibilité politique. Il faut qu’elle soit combattue. Combattue avec des idées, des convictions, des résultats, avec des hommes et des femmes qui s’engagent. C’est aussi le sens de mon engagement auprès d’Emmanuel Macron", a-t-il lancé à Apolline de Malherbe. Il a poursuivi: "Je souhaite que dans ce combat contre Marine Le Pen, nos idées l’emportent. C’est sur le terrain des idées qu’il faut aller, sur le terrain de ce que nous voulons pour la France, de la construction européenne."

"Je souhaite qu'Emmanuel Macron soit réélu"

Bruno Le Maire a confirmé que sur la ligne de départ du scrutin, il prendrait résolument place aux côtés du chef de l'Etat sortant: "La vérité, c’est qu’en 2022, je souhaite qu’Emmanuel Macron soit candidat à la présidence de la République et je serai à ses côtés pour qu’il soit réélu". Selon lui, les circonstances politiques actuelles annoncent cependant quelques vents contraires.

"Je sais que ce sera un combat difficile parce que aujourd’hui, la France est traversée par des mouvements de colère, de doute qui sont très profonds", a-t-il posé, concluant: "Il va falloir être solide, déterminé. Je serai solide et déterminé aux côtés du président de la République".

Bruno Le Maire évoque "la vraie trahison"

Au printemps 2017, la bascule de Bruno Le Maire, ancien candidat à la primaire de la droite et soutien de François Fillon, dans le camp du vainqueur et sa nomination au sein du nouveau gouvernement, a atterré une bonne partie de son ancienne famille politique. Il a cependant réfuté toute trahison:

"La vraie trahison, c’est celle de ma famille politique en 2017 quand ils ont refusé de choisir entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen. C’est une trahison de Jacques Chirac, de Nicolas Sarkozy qui a toujours été irréprochable vis-à-vis du FN et de la nécessité de combattre Marine Le Pen, et ses idées. Ce jour-là, les Républicains se sont trahis", a-t-il soutenu.

Le Maire président? On verra plus tard

Tout à sa description d'une loyauté sans faille envers Emmanuel Macron, à son enthousiasme pour la réélection de son champion, Bruno Le Maire donne l'impression d'avoir renoncé à briguer, pour lui-même, la présidence de la République. Point du tout, a-t-il répondu, mais les étoiles ne sont pas alignées et bien malin qui peut dire si elles s'aligneront jamais.

"On ne renonce pas à des ambitions qu’on a pu porter quand on avait cinq ans ou dix ans de moins. Ce serait vous mentir que de vous le dire. Mais vous dire que ces ambitions vont dépendre des circonstances, que ça peut arriver dans dix ou quinze ans, dans vingt ans, ou ne pas arriver du tout, ça c’est la vérité", a-t-il ainsi affirmé.

Article original publié sur BFMTV.com