Présidentielle au Tchad: ceux qui votent en avance

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Le Tchad vote ce dimanche 11 avril pour la présidentielle. Sept candidats sont en lice dont le président Idriss Déby, au pouvoir depuis 30 ans, qui brigue un sixième mandat. Certains bureaux de vote ont déjà ouvert ce samedi pour les militaires et les nomades qui votent en avance.

Les bureaux de vote ont ouvert de 6h à 17h ce samedi pour les policiers et militaires afin qu’ils puissent assurer la sécurité lors du scrutin de demain. À Ndjamena, 115 bureaux de vote leur étaient destinés, indique notre envoyée spéciale, Alexandra Brangeon.

Dans un bureau du 2e arrondissement tout proche de la présidence et du commissariat, le président de la Céni pour la capitale se félicitait de la discipline observée ce matin par ces militaires qui étaient en rang, portant un masque, avant même que les bureaux n’ouvrent. Seul bémol, disait-il, il n’y avait aucune distanciation sociale.

Les nomades ont quant à eux deux jours pour voter, car ils sont toujours en mouvement et il est difficile de les regrouper sur une journée, explique-t-on à la Céni. D’autant qu’ils sont nombreux : ils représentent un dixième de l’électorat, selon un analyste. Il s'agit également d'un électorat qui suit peu la campagne et qui a tendance à suivre le vote des chefs de clan, explique un autre. Des bureaux leur sont réservés dans cinq départements du nord du pays.

Tandis que les forces de l'ordre votaient, des dizaines de militants du parti d’opposition Les Transformateurs ont attendu la fin des rondes de la police, déployée tôt en matinée, pour sortir dans les rues des quartiers populaires de Ndjamena et scander le même slogan que depuis dix semaines : « Non à un sixième mandat, non à la dictature ». Un communiqué des Transformateurs indique ce soir que huit marcheurs ont été interpellés, rapporte notre correspondant Madjiasra Nako. Le nombre des blessés n’est pas encore déterminé.

La participation des jeunes, un des enjeux du scrutin

L'un des enjeux de ce scrutin va être la participation, et notamment celle des jeunes qui représentent environ 60 % de la population tchadienne. Selon plusieurs analystes, les jeunes seraient de plus en plus critiques envers le pouvoir, notamment les jeunes diplômés qui ne trouvent pas de travail et qui font ce qu’ils appellent « des petits boulots ».