Présidentielle au Pérou : Keiko Fujimori et Pedro Castillo au coude-à-coude

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Avec 50,1 % des voix, selon un résultat portant sur environ 93 % des suffrages exprimés, la représentante de la droite populiste Keiko Fujimori est au coude à coude, lundi, avec le candidat de la gauche radicale Pedro Castillo au deuxième tour de la présidentielle.

L'issue de l'élection présidentielle reste incertaine. La candidate de droite populiste, Keiko Fujimori, et son rival Pedro Castillo sont au coude-à-coude lundi 7 juin, l'écart entre les deux se resserrant toujours un peu plus au fur et à mesure du dépouillement des votes.

Selon un résultat officiel portant sur près de 93% des suffrages exprimés, la fille de l'ancien président péruvien Alberto Fujimori est créditée de 50,1% des voix, contre 49,9% pour le candidat de la gauche.

L'infime avance dont elle dispose sur son adversaire se réduit, d'autant plus que les derniers votes intégrés dans le comptage devraient davantage provenir des zones rurales reculées, plus favorables à Pedro Castillo, instituteur de 51 ans aux origines rurales et leader syndical jusqu'ici peu connu.

Étant donné le faible écart entre les deux candidats, il n'est pas certain qu'une tendance se dessine avant le décompte final qui pourrait prendre plusieurs jours. Le résultat est si serré que "nous ne saurons pas avant le dernier bulletin" dépouillé, a déclaré à l'AFP la politologue Jessica Smith. "C'est encore très confus, la différence est trop faible", a-t-elle ajouté.

Dans le troisième pays d'Amérique du sud par sa superficie (1,28 millions de km²), les 25 millions d'électeurs appelés aux urnes ont voté des villages de la jungle amazonienne aux hauts plateaux andins en passant par les rives du Pacifique.

Une situation sanitaire alarmante

Lors du scrutin dimanche, les deux vainqueurs surprise parmi 18 candidats du 1er tour, le 11 avril, avaient assuré qu'ils respecteraient le verdict des urnes.

"Nous serons respectueux" du décompte des voix, a déclaré Pedro Castillo, 51 ans, lors de son vote coiffé du chapeau blanc typique de sa région d'origine. "Quel que soit le résultat, je respecterai la volonté populaire", a renchéri Keiko Fujimori, 46 ans, qui a voté dans un quartier de la capitale.

La fille de l'ex-président Alberto Fujimori (1990-2000), qui purge une peine de 25 ans de prison pour corruption et crimes contre l'humanité, se hisse pour la troisième fois au second tour, après deux défaites successives en 2011 et 2016.

Elle n'avait pas reconnu sa défaite lors de la dernière présidentielle remportée par l'ex-président Pedro Pablo Kuczynski, avant de reconnaître une "erreur".

Écartelés entre deux extrêmes dans lesquels une majorité avait du mal à se reconnaître, les électeurs d'un pays où le vote est obligatoire étaient surtout préoccupés par les chiffres alarmants de l'épidémie de Covid-19 qui a déjà fait plus de 184 000 morts, faisant du pays andin le 5e le plus endeuillé au monde.

Keiko Fujimori veut gracier son père

Mêmes si les deux candidats franchement antagonistes ont appelé à l'unité, l'après-campagne risque d'être difficile tant chaque camp a alimenté les peurs et a divisé le pays.

Le futur président devra prendre des mesures urgentes pour surmonter la pandémie, la récession économique et l'instabilité institutionnelle chronique du pays dont le PIB à plongé de 11,12 % en 2020.

Il devra s'accommoder d'un Parlement fragmenté, issu des législatives d'avril, et coutumier d'alliances de circonstances qui ont conduit à la destitution de deux présidents : Pedro Pablo Kuczynski, en 2018, et son successeur Martin Vizcarra, en 2020.

Le nouveau président prendra ses fonctions le 28 juillet, jour de la commémoration du bicentenaire de l'indépendance du Pérou, et remplacera le président par intérim Francisco Sagasti qui a exhorté ses compatriotes à "respecter scrupuleusement la volonté exprimée dans les urnes".

En cas de victoire, Keiko Fujimori deviendrait la première femme présidente du Pérou et la première en Amérique à suivre une dynastie familiale. Si elle perd, elle sera poursuivie en justice, le parquet ayant requis 30 ans de prison dans une affaire de pots-de-vin présumés pour laquelle elle a déjà passé 16 mois en détention préventive.

Elle défend activement l'actuelle loi fondamentale qui garantit le libéralisme économique, promulguée en 1993 par son père à qui elle compte bien accorder une grâce présidentielle

Avec AFP

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