Présidentielle au Congo-B: un mouvement citoyen en campagne contre l’achat des consciences

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Alors que la campagne pour l’élection présidentielle du 21 mars se clôture ce vendredi au Congo-Brazzaville, un mouvement des activistes dénommé « Progrès » mène depuis le début de la semaine une campagne contre l’achat des consciences, évitant les citoyens à voter en toute responsabilité pendant cette élection pour laquelle le président sortant Denis Sassou-Nguesso, qui cumule 36 ans au pouvoir, brigue un quatrième mandat.

Avec notre correspondant à Brazzaville, Loïcia Martial

Dans le marché de fortune du côté opposé du grand et célèbre marché Total, un groupe de jeunes du mouvement « Progrès » muni d’un mégaphone slalome entre les points de vente des dames qui proposent de la friperie. Chaque membre arbore un tee-shirt blanc sur lequel on peut lire « Mon vote, mon avenir, non à la corruption, je vote pour l’alternance ».

Le mouvement est conduit par Charlin Kinouani qui sensibilise les marchands et les passants qui leur demande d’aller voter dimanche en toute âme et conscience.

« C’est une habitude au Congo : lorsqu’il s’agit de l’élection présidentielle, on vient donner des billets de 2 000 francs CFA ou 5 000 francs CFA aux citoyens pour qu’ils aillent voter, sans pourtant qu’ils sachent qu’ils sacrifient leur avenir. Maintenant, il s’agit de leur dire que leur avenir compte plus que les 2 000 francs CFA qu’ils peuvent prendre. Ce que nous demandons aux Congolais c’est d’aller voter en toute liberté ».

Kongo Dia Nzokolo fait partie également de la campagne. Pour lui, il est temps d’arrêter ce qu’il désigne par la corruption électorale. « S’il y avait de l’argent (dans le pays), pourquoi ne pas donner le minimum aux Congolais, pourquoi seulement attendre le vote », lâche-t-il.

Convaincus que la fraude, la concussion et la corruption gangrènent la société congolaise, les jeunes du mouvement « Progrès » envisagent de poursuivre leur campagne même après l’élection.

Pendant que les jeunes mènent ce Mouvement, Pierre Moussa, directeur de campagne de Denis Sassou-Nguesso a présenté son candidat en conférence de presse comme « un vin qui se bonifie en vieillissant ». Aucun autre candidat ne l'inquiète, car il est le plus expérimenté de tous, a-t-il conclu.