Présidentielle américaine: Trump peut-il perdre l'État-clé du Michigan ?

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Le Michigan est l’un des États-clés pour l'élection du 3 novembre. Il y a quatre ans, Donald Trump a remporté à la surprise générale ce berceau de l’industrie automobile américaine et traditionnel bastion démocrate avec une avance de moins de 11 000 voix sur Hillary Clinton. À Monroe, l’actuel président avait fait un véritable carton : 22 points de plus que sa concurrente démocrate. Ces vingt dernières années, la ville a perdu beaucoup de ses usines manufacturières. Le discours du président sortant, qui avait promis de s’en prendre aux traités commerciaux internationaux et de ramener les emplois dans la région, trouve toujours beaucoup d’adeptes.

Avec nos envoyés spéciaux à Monroe, Stefanie Schüler et Bertrand Haeckler

La maison de Kelly saute aux yeux. Ses façades sont richement décorées avec des affiches au nom de Donald Trump. Sur sa pelouse, se dressent des panneaux au slogan « Make America great again » (Rendons sa grandeur à l'Amérique). Cette travailleuse saisonnière dans une jardinerie de Monroe est fière d’apporter son soutien au président, qui, à ses yeux, n’est pas un homme politique comme les autres : « Les politiciens racontent ce que vous voulez entendre, pas ce qu’ils vont faire. Lui, il dit ce qu’il pense et il fait ce qu’il dit. »

La large victoire de Donald Trump à Monroe en 2016 fut un véritable séisme dans le paysage politique local. « Nous avons beaucoup d’ouvriers automobiles dans la région, raconte Kelly. Ils ont toujours voté comme le syndicat leur dit de voter. Mais les gens commencent à se réveiller. »

« Il va se passer quelque chose » après les élections

Les syndicats sont proches du parti démocrate et appellent cette année à voter pour Joe Biden. Kelly, elle, ne regrette pas d’avoir choisi Donald Trump. « Nous avions toujours des soucis financiers. Mais là, mon mari et moi nous en sortons mieux que jamais. »

À l’approche de l’élection, cette mère de famille n’exclut pas d’éventuels troubles post-électoraux. « La division est très forte, avant tout parce que le parti démocrate veut faire de ce pays un pays socialiste. Il va se passer quelque chose. Tout peut arriver parce qu’on ne sait pas ce que les démocrates vont mijoter. Pour moi ce sont des gens malfaisants. »

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« Remarques révoltantes » de Trump sur les miltaires

Jerry Mackart, lui, vote démocrate « depuis toujours », comme il dit. Âgé de 73 ans, il a vécu toute sa vie à Monroe, sauf pendant ses deux années à l’armée. Jerry est un vétéran de la guerre de Vietnam. Dans quelques jours, il donnera sa voix à Joe Biden. Entre autres, parce qu’il n’apprécie pas du tout la manière dont Donald Trump parle de l’armée américaine.

« J’étais au Vietnam du 24 janvier 1967 au 24 janvier 1968 avec la première division d’infanterie, nous confie Jerry. J’en fais encore des cauchemars. Le président, lui, qualifie des soldats qui sont morts durant la Première Guerre mondiale de "loosers et de crétins". Ces remarques ont choqué mes amis vétérans, qu’ils aient fait la guerre de Corée ou la guerre du Vietnam. Parce que nous avons voulu servir notre pays ! Vous savez, il y a eu des gars de Monroe qui ont été tués au Vietnam. C’est à eux que j’ai pensé tout de suite après avoir entendu le président parler ainsi. C’était révoltant ! »

Jerry n'a pas digéré non plus les « remarques désobligeantes aux généraux » faites par Donald Trump. « Tous ces généraux sont des vétérans du combat, rappelle-t-il. Ils ont vu la guerre, eux ! Ils savent comment c’est ! Et donc si le président s’adresse de cette manière à eux, c’est une honte ! De toute ma vie, je n’ai jamais entendu un président dégrader nos dirigeants militaires comme il l’a fait. Jamais ! ».

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