Présidentielle américaine: malgré sa relation avec Trump, Israël joue la prudence

·2 min de lecture

Donald Trump est plébiscité pour une politique jugée pro-israélienne: la reconnaissance de Jérusalem comme capitale du pays, des colonies en Cisjordanie, la souveraineté israélienne sur le Golan. Benyamin Netanyahu a estimé que Donald Trump est « le meilleur ami » qu'Israël n'a jamais eu à la Maison Blanche. Mais le Premier ministre israélien s'est gardé de prendre parti dans la bataille électorale américaine.

Avec notre correspondant à Jérusalem, Guilhem Delteil

Lors d'une conversation téléphonique la semaine dernière, Donald Trump s'est adressé au Premier ministre israélien, en lui demandant si à son avis, Joe Biden aurait pu obtenir, comme lui, l'ouverture de négociations entre Israël et le Soudan.

L'échange se voulait assez complice de la part du président américain. Car si les deux pays sont des alliés de longue date, leur alliance a été renforcée sous l'ère Trump-Netanyahu estime Denis Charbit, professeur de sciences politiques à l'université ouverte d'Israël.

« Même la fameuse relation spéciale de 1967 à 2016, c’est rien par rapport à ce qu’il y a eu ces quatre dernières années. C’est un roman d’amour. Jamais de mémoire, on a vu un pays, aussi puissance régional qu’il soit, être capable de demander à son protecteur voilà tout ce que je veux que tu fasses et l’autre s’exécute. »

A l'autre bout du fil, Benyamin Netanyahu a tout de même marqué une petite gêne et finalement répondu qu'il appréciait « les efforts de paix de tout le monde aux Etats-Unis ». « Il a été très diplomate, peut-être parce qu’il sent que les choses sont pas gagnées et qu’il risque de le payer cher si c’est Biden qui passe, analyse Denis Charbit. Et puis ça fait quand même partie de la rhétorique qui consiste à ne pas intervenir dans les affaires intérieures. »

La réponse n'était probablement pas celle espérée par Donald Trump qui a fait une petite moue. Mais la proximité entre les deux hommes n'efface pas une réalité: Israël veut avant tout préserver son amitié non avec un président mais avec les Etats-Unis.

A lire aussi : Présidentielle américaine: les dirigeants palestiniens espèrent la victoire de Biden