Présidentielle américaine: Fox News interrompt une conférence de presse de la porte-parole de Trump

Hugo Septier
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Le porte-parole de la Maison Blanche Kayleigh McEnany s'exprime lors d'un point de presse le 30 juin 2020 - JIM WATSON © 2019 AFP
Le porte-parole de la Maison Blanche Kayleigh McEnany s'exprime lors d'un point de presse le 30 juin 2020 - JIM WATSON © 2019 AFP

Le torchon n’en finit plus de brûler entre Fox News et l’administration Trump. La chaîne américaine conservatrice, pourtant d’habitude plutôt encline à relayer les propos de celui qui est président des États-Unis pour encore quelques semaines, a fait montre ces derniers jours d’une extrême prudence à son égard. À tel point que des soutiens de Donald Trump ont tenté de s’en prendre à des journalistes de la chaîne qui était parmi les premières à annoncer la victoire de Joe Biden en Arizona.

Une nouvelle étape a été franchie ce lundi, lorsque Fox News a interrompu une conférence de presse de l'attachée de presse de la Maison Blanche, Kayleigh McEnany. Cette dernière, qui est logiquement revenue sur les résultats du scrutin présidentiel, a débuté son propos en accusant le camp démocrate d’encourager les votes "illégaux" et la fraude et estimant, à titre personnel, que l’élection n’était "pas terminée."

"Je ne peux continuer à vous montrer cela"

Quelques secondes après ces accusations, qui restent infondées, Fox News a décidé d’écourter la diffusion du point presse.

"Elle accuse l'autre camp de se féliciter de la fraude et du vote illégal. À moins qu'elle n'ait plus de détails pour étayer cela, je ne peux continuer à vous montrer cela", explique le présentateur Neil Cavuto.

Les accusations se multiplient, pas les preuves

Comme le signale le média The Hill, dans la suite de son propos, cette même Kayleigh McEnany a assuré que débutait le "processus d'obtention d'un décompte exact et honnête des votes." Pour autant, lorsque des journalistes présents sur place ont demandé sur quoi se fondaient ces accusations, la porte-parole a demandé de la "patience".

Reste que, quatre jours après l’annonce de la victoire du Démocrate Joe Biden par les médias, les républicains les plus proches de Trump semblent de moins en moins prêt à accepter la défaite. Toujours selon The Hill, la présidente du comité national républicain, Ronna McDaniel, a affirmé que des soupçons de fraudes avaient été identifiés dans le Michigan, le Wisconsin et la Pennsylvanie, trois États-clés essentiels dans la victoire de Biden.

De son côté, Donald Trump a lui aussi poursuivi ses invectives sur Twitter, estimant que l’élection n’était pas terminée et que des preuves d’un trucage dans différents États seraient bientôt disponibles.

Les chances que ces contestations aboutissent sont très minces, car il faudrait trouver des arguments convaincants pour invalider des dizaines de milliers de voix non pas dans un État, mais dans quatre ou cinq d'entre eux, pour espérer faire basculer le scrutin. Et pour l'instant, le camp Trump n'a pas réussi à présenter un tel dossier

Article original publié sur BFMTV.com