Présidentielle américaine: les démocrates fêtent la victoire de Joe Biden

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Joe Biden s'est proclamé samedi soir 46e président des États-Unis et a promis dans sa première allocution à la nation en tant que président élu de chercher à unifier un pays polarisé à l'extrême après quatre années de présidence Trump. Dans tout le pays, les électeurs démocrates ont laissé éclater joie et soulagement au terme d'une folle semaine électorale.

Rassembler et « panser les plaies ». Joe Biden a remercié samedi les électeurs américains de lui avoir offert une « victoire convaincante » et s'est engagé à être « un président qui rassemble et non pas qui divise ». Comme sa colistière Kamala Harris qui l'a précédé au pupitre du Chase Center de son fief de Wilmington, devant une foule de partisans, le démocrate a déclaré qu'il était « temps de guérir l'Amérique », de « panser les plaies ». « Voyons-nous, parlons-nous », « donnons nous une chance », a-t-il plaidé, à l'issue d'une campagne très acrimonieuse, appelant les Américains ne plus traiter leurs « opposants comme des ennemis ».

« J'ai fait campagne pour restaurer l'âme de l'Amérique, reconstruire la colonne vertébrale de cette nation, la classe moyenne, et faire que l'Amérique soit de nouveau respectée dans le monde », a encore dit le président élu.

Panser les plaies également au sens propre : le Covid-19 qui ravage les États-Unis sera la priorité du président Biden, qui a annoncé dans son discours la création d'un groupe de scientifiques dès lundi prochain.

Sans un mot pour son adversaire, l'ancien vice-président de Barack Obama a dit comprendre la « déception » des électeurs de Donald Trump, qui refuse d'admettre sa défaite. « Moi-même, j'ai perdu des élections, mais [...] il est temps de laisser de côté les rhétoriques abrasives, de faire baisser la température », a-t-il déclaré. Il est temps de se rassembler a souhaité Joe Biden : « Je travaillerai aussi dur pour ceux qui n'ont pas voté pour moi, que pour ceux qui m'ont choisi », a encore promis ce vieux routier de la politique, âgé de 77 ans.

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Une vice-présidente qui ne veut pas être « la dernière ». La sénatrice démocrate était vêtue d'un ensemble blanc qui symbolisait le mouvement des suffragettes. En février 2019, les femmes démocrates du Congrès s'étaient déjà habillées de blanc lors du discours sur l'état de l'Union de Donald Trump.

Elle a rendu hommage à sa mère, Shyamala Gopalan Harris, arrivée d'Inde aux Etats-Unis à l'âge de 19 ans. Militante pour les droits civiques, cette chercheuse spécialiste du cancer du sein est décédée en 2009. « Elle n'aurait pas pu imaginer ce moment, mais elle croyait profondément en une Amérique où un moment comme cela était possible », a-t-elle affirmé devant une foule de supporteurs réunis à Wilmington, dans le Delaware pour fêter la victoire de Joe Biden. « Donc je pense à elle, aux générations de femmes, noires, asiatiques, blanches, latinas, amérindiennes, qui ont ouvert la voie », a-t-elle ajouté.

Elle a salué celles « qui ont sacrifié tant pour l'égalité, la liberté et la justice pour tous, y compris les femmes noires, qu'on regarde trop souvent de haut, mais qui si souvent prouvent qu'elles sont la colonne vertébrale de notre démocratie ». Kamala Harris, qui a multiplié les « premières » en devenant procureure générale de Californie puis sénatrice originaire d'Asie du Sud, a rappelé la longue lutte des femmes pour le droit de vote.

Elle a également rendu hommage à « l'audace » de Joe Biden qui a « brisé l'une des plus importantes barrières » de la société américaine en la choisissant comme vice-présidente. « Je ne serai pas la dernière », a-t-elle promis, « car chaque petite fille qui regarde ce soir voit que c'est un pays de tous les possibles ».

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Les démocrates à la fête. Les partisans de Joe Biden ont donné libre cours à leur joie samedi à l'annonce de sa victoire, tambourinant, klaxonnant et lançant des feux d'artifice dans plusieurs villes à travers les États-Unis pour mieux marquer la fin d'une élection tendue jusque dans le long suspense du dépouillement.

La fête, c'est d'abord à Wilmington (Delaware), le fief Biden, qu'elle a eu lieu, avant, pendant et après le discours du nouveau président.

À New York, dès l’annonce des résultats, plusieurs milliers de personnes ont convergé vers Times Square, place emblématique de la Grosse Pomme, pour célébrer la victoire. Au milieu des néons et des écrans géants, les démocrates font part de leur soulagement et de leurs espoirs pour les années à venir.

En Géorgie, État crucial dans le dénouement de cette présidentielle à supense, les cris et les feux d'artifice se sont multipliés à mesure que se propageait l'annonce de la victoire de Joe Biden.

En Pennsylvanie, cet autre État-clé vers les lequel tous les regards étaient tournés ces trois derniers jours, les habitants de la capitale Philadelphie ont fait la fête toute la journée et jusque dans la nuit, particulièrement devant le City Hall, la mairie de Philadelphie, et le Convention Center, où les bulletins sont comptés depuis ce mardi, mais aussi dans les rues, dansant, sabrant le champagne. Notre envoyé spécial Christophe Paget a pu le constater : chacun avait une bonne raison de se réjouir de l’arrivée de Joe Biden et du départ de Donald Trump.