Présidentielle américaine 2020: de plus en plus démocrate, le Texas courtisé

Mener une campagne électorale aux États-Unis nécessite énormément d'argent. À sept mois du début officiel de la primaire démocrate, les 23 candidats ont déjà reçu des dizaines de millions de dollars. Quelque 220 millions d'euros ont été levés au total, si l'on inclut Donald Trump. En 2016, lors de la dernière présidentielle, Donald Trump et Hillary Clinton avaient accumulé 3 milliards de dollars. Les campagnes de levée de fonds sont donc essentielles. Les habitants d’un État sont particulièrement sollicités : ceux du Texas.De notre correspondant à Houston,L’an dernier, les Texans ont donné 240 millions de dollars pour des candidats à des élections aux États-Unis. Quelque 133 millions directement pour des républicains, et près de 100 millions pour des démocrates. Cela fait du Texas le premier État américain financeur du Parti républicain et, plus étonnant, l’un des principaux donateurs pour le Parti démocrate.« Nous sommes le deuxième plus grand État, et le deuxième État le plus riche. Nous sommes une énorme source de fonds pour les campagnes des républicains bien sûr, mais aussi pour les démocrates », confirme Mark Jones, professeur de science politique à la Rice University de Houston, qui estime qu'aux yeux de certains électeurs, les conservateurs sont trop à droite.« De nombreuses personnes qui se sont enrichies ici en travaillant dans la justice ou la médecine considèrent que le Parti républicain est trop conservateur, qu’il est allé trop loin à droite ! Ils donnent donc aux démocrates pour des raisons idéologiques. L’an prochain, à cause de l’engouement que les démocrates rencontrent au Texas, cela ne m’étonnerait pas que l'État devienne sa deuxième source de revenus, derrière la Californie mais devant New York. »Les démocrates surfent sur la vague. Pour lever des fonds, ils organisent régulièrement des dîners où déjeuners de collecte où l’on vient écouter des personnalités nationales. Dernièrement, c'était Hillary Clinton. Une place coûtait entre 225 et 500 dollars, et une table 10 000 dollars. « Il y avait un peu plus de 1 400 personnes », relate Omar, volontaire pour cet événement.« Ne serait-ce que pour avoir sa place et pouvoir assister à l’événement, il fallait faire un don conséquent au parti. Sans compter l’argent qui a été collecté pendant le déjeuner. Ils ont collecté 30 000 dollars », confie Omar. En faisant le calcul, le parti a au minimum engrangé 345 000 dollars ce jour-là. Et pour récolter le plus de dons, le discours de Hillary Clinton était forcément plein de promesses.« Gagnons le Texas ! »« Quand je regarde le Texas, je vois le futur. Je vois un élan vers une participation record aux élections de 2020. Et si nous arrivons à faire ça, vous avez la possibilité de faire basculer l'État une fois pour toutes. Parce que si les démocrates gagnent au Texas, waouh ! On va faire basculer la nation en 2020. Nous allons reprendre notre pays. Gagnons le Texas ! », a-t-elle lancé.Mais cet enthousiasme n’est pas feint. Selon le professeur Mark Jones, le Texas est un État pivot pour la présidentielle, financièrement et politiquement, autant pour les républicains - les rouges - que pour les démocrates, - les bleus. « Les démocrates au Texas ont de l’espoir, Beto O’Rourke n'a perdu contre Ted Cruz aux sénatoriales de 2018 que de seulement deux points et demi », rappelle-t-il.Si les démocrates arrivent à retourner le Texas, « ils pourront faire passer le pays entier au bleu. Car aucune formule mathématique ne fait gagner les républicains à l'élection présidentielle sans le Texas, pas en l’état actuel des choses », confie le chercheur. « Le Texas est vu comme un État conservateur, mais pour les démocrates il est perçu comme un distributeur automatique. »« La plupart de l'argent démocrate sort de cet État. Il ne va pas à des candidats ici au Texas, mais à des candidats ailleurs dans le pays. Beaucoup d’entre eux viennent au Texas en disant : "Si vous voulez vraiment changer quelque chose, ne donnez pas aux candidats texans, mais donnez-moi au Missouri, ou donnez-moi en Virginie occidentale. Avec, on pourra retourner le Sénat." »Comme à un distributeur automatique de billets, donc, les hommes politiques viennent et repartent avec l’argent du Texas… Et cela fait rager les candidats locaux qui aimeraient bien profiter de ces fonds pour leurs élections.► À lire aussi : Les États-Unis déjà en campagne (Géopolitique, le débat)

Mener une campagne électorale aux États-Unis nécessite énormément d'argent. À sept mois du début officiel de la primaire démocrate, les 23 candidats ont déjà reçu des dizaines de millions de dollars. Quelque 220 millions d'euros ont été levés au total, si l'on inclut Donald Trump. En 2016, lors de la dernière présidentielle, Donald Trump et Hillary Clinton avaient accumulé 3 milliards de dollars. Les campagnes de levée de fonds sont donc essentielles. Les habitants d’un État sont particulièrement sollicités : ceux du Texas.

De notre correspondant à Houston,

L’an dernier, les Texans ont donné 240 millions de dollars pour des candidats à des élections aux États-Unis. Quelque 133 millions directement pour des républicains, et près de 100 millions pour des démocrates. Cela fait du Texas le premier État américain financeur du Parti républicain et, plus étonnant, l’un des principaux donateurs pour le Parti démocrate.

« Nous sommes le deuxième plus grand État, et le deuxième État le plus riche. Nous sommes une énorme source de fonds pour les campagnes des républicains bien sûr, mais aussi pour les démocrates », confirme Mark Jones, professeur de science politique à la Rice University de Houston, qui estime qu'aux yeux de certains électeurs, les conservateurs sont trop à droite.

« De nombreuses personnes qui se sont enrichies ici en travaillant dans la justice ou la médecine considèrent que le Parti républicain est trop conservateur, qu’il est allé trop loin à droite ! Ils donnent donc aux démocrates pour des raisons idéologiques. L’an prochain, à cause de l’engouement que les démocrates rencontrent au Texas, cela ne m’étonnerait pas que l'État devienne sa deuxième source de revenus, derrière la Californie mais devant New York. »

Les démocrates surfent sur la vague. Pour lever des fonds, ils organisent régulièrement des dîners où déjeuners de collecte où l’on vient écouter des personnalités nationales. Dernièrement, c'était Hillary Clinton. Une place coûtait entre 225 et 500 dollars, et une table 10 000 dollars. « Il y avait un peu plus de 1 400 personnes », relate Omar, volontaire pour cet événement.

« Ne serait-ce que pour avoir sa place et pouvoir assister à l’événement, il fallait faire un don conséquent au parti. Sans compter l’argent qui a été collecté pendant le déjeuner. Ils ont collecté 30 000 dollars », confie Omar. En faisant le calcul, le parti a au minimum engrangé 345 000 dollars ce jour-là. Et pour récolter le plus de dons, le discours de Hillary Clinton était forcément plein de promesses.

« Gagnons le Texas ! »

« Quand je regarde le Texas, je vois le futur. Je vois un élan vers une participation record aux élections de 2020. Et si nous arrivons à faire ça, vous avez la possibilité de faire basculer l'État une fois pour toutes. Parce que si les démocrates gagnent au Texas, waouh ! On va faire basculer la nation en 2020. Nous allons reprendre notre pays. Gagnons le Texas ! », a-t-elle lancé.

Mais cet enthousiasme n’est pas feint. Selon le professeur Mark Jones, le Texas est un État pivot pour la présidentielle, financièrement et politiquement, autant pour les républicains - les rouges - que pour les démocrates, - les bleus. « Les démocrates au Texas ont de l’espoir, Beto O’Rourke n'a perdu contre Ted Cruz aux sénatoriales de 2018 que de seulement deux points et demi », rappelle-t-il.

Si les démocrates arrivent à retourner le Texas, « ils pourront faire passer le pays entier au bleu. Car aucune formule mathématique ne fait gagner les républicains à l'élection présidentielle sans le Texas, pas en l’état actuel des choses », confie le chercheur. « Le Texas est vu comme un État conservateur, mais pour les démocrates il est perçu comme un distributeur automatique. »

« La plupart de l'argent démocrate sort de cet État. Il ne va pas à des candidats ici au Texas, mais à des candidats ailleurs dans le pays. Beaucoup d’entre eux viennent au Texas en disant : "Si vous voulez vraiment changer quelque chose, ne donnez pas aux candidats texans, mais donnez-moi au Missouri, ou donnez-moi en Virginie occidentale. Avec, on pourra retourner le Sénat." »

Comme à un distributeur automatique de billets, donc, les hommes politiques viennent et repartent avec l’argent du Texas… Et cela fait rager les candidats locaux qui aimeraient bien profiter de ces fonds pour leurs élections.

► À lire aussi : Les États-Unis déjà en campagne (Géopolitique, le débat)