Présidentielle en Algérie : pourquoi le pays doit changer de logiciel économique

Michel Lachkar

A la crise politique en Algérie s’ajoute une situation économique préoccupante. Toujours très dépendant des aléas des prix du gaz et du pétrole, le modèle algérien est au bout du rouleau. L’économie algérienne est malade de sa mono-industrie, presque exclusivement tournée vers l'exploitation des réserves gazières et pétrolières. Malade également de sa nomenklatura politico-militaire corrompue qui confisque une partie de cette rente pétrolière. L’Algérie se classe pourtant dans le top 10 des producteurs mondiaux de gaz et est le 3e producteur africain de pétrole. Les hydrocarbures représentent aujourd’hui encore 95% des recettes d’exportation et 65% du budget de l’Etat.

Captation de la rente pétrolière

Au lendemain de l'indépendance (1962), avec l’aide de Moscou, Alger se lance dans l'édification d’une économie "socialiste" dirigiste, basée sur l’industrie lourde (sidérurgie, cimenteries, pétrole, gaz). Avec les mêmes travers que l’Union soviétique : économie bureaucratique, caractérisée par une faible efficacité, une faible innovation technologique et un secteur public hypertrophié. En 1984, celui-ci représentait 73% de l'emploi total.

Au nom de l'industrialisation, le pays a sacrifié au passage son agriculture, collectivisant les terres, avec pour conséquences une chute de la production et (...)

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