Présidentielle 2022: revivez la rentrée politique des outsiders

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Revivez le samedi de rentrée des outsiders de la présidentielle (Photo: POOL New via Reuters)
Revivez le samedi de rentrée des outsiders de la présidentielle (Photo: POOL New via Reuters)

POLITIQUE - Ils sont venus, ils sont tous là. Enfin presque. De gauche, à droite, nombreuses formations politiques font leur rentrée ce week-end, une semaine après la réunion des Verts à Poitiers et une dizaine de jours avant celle du RN à Fréjus.

Un rendez-vous primordial à quelques mois de l’élection présidentielle, pour Les Républicains ou le Parti socialiste, toujours en quête d’un candidat, ou pour la France insoumise et le Parti communiste, à la recherche d’une dynamique autour de leurs chefs de file désignés.

Dans ce contexte, la droite a réuni ses troupes ce samedi à La Baule, en Loire-Atlantique, sans ses principaux ténors, parmi lesquels Valérie Pécresse qui faisait sa rentrée en Corrèze. À gauche, les choses s’organisent à Blois, dans le Loir-et-Cher pour le PS, Aix-en-Provence pour Fabien Roussel ou Valence, dans la Drôme, pour les Insoumis.

Retrouvez ci-dessous les principales déclarations et images de ce week-end:

Olivier Faure veut faire de 2022 un “mai 81”

Olivier Faure conclut les débats à Blois, pour la première journée de l’événement de rentrée des socialistes. Un discours pour défendre le programme de son parti pour 2022, puisqu’il l’affirme: “le match n’est pas joué”.

“Le moment est venu de reprendre l’offensive idéologique et culturelle”, a ainsi lancé le patron du parti à la rose devant ses militants, espérant un “printemps 2022 qui résonne comme un nouveau 10 mai 1981″, en référence à l’élection de François Mitterrand, selon des propos rapportés par plusieurs médias sur place.

Un peu plus tôt dans la journée, celui qui brigue un second mandat à la tête du PS lors du congrès de septembre a affirmé sa certitude qu’Anne Hidalgo, qu’il souhaite voir se présenter à la présidentielle, pouvait l’emporter malgré les sondages qui la créditent autour de 7% des voix.

Mélenchon reçoit le soutien d’Huguette Bello

Huguette Bello, la présidente de la collectivité territoriale de la Réunion, qui a fait basculer l’île à gauche aux dernières élections régionales était présente ce samedi aux universités d’été de la France insoumise. L’occasion pour elle d’apporter son soutien à Jean-Luc Mélenchon dans la course à l’élection présidentielle.

“Je prendrai toute ma part pour participer au rassemblement des forces populaires et mener à la victoire de Jean Luc Mélenchon”, a ainsi lancé l’ancienne dirigeante du parti communiste réunionnais, devenue présidente de la Réunion au printemps dernier, après avoir mené la liste d’union de la gauche au second tour.

À droite, Barnier et Juvin promettent également l’unité

Collectif. C’est le mot en vogue à droite. Après Valérie Pécresse, qui organise sa propre rentrée en Corrèze, avec son mouvement Libres!, Michel Barnier et Philippe Juvin, deux des autres prétendants à l’Élysée dans le giron LR, ont mis l’accent sur l’impérieuse nécessité pour leur camp de se réunir avant le printemps 2022.

“Je ne participerai à aucune division”, a ainsi promis l’ancien ministre et négociateur du Brexit, à La Baule, en assurant de son “amitié” et de son “respect” pour “tous ceux qui sont engagés dans cette compétition.”“Nous avons évidemment vocation à être ensemble pour gouverner le pays”, et “nous avons de quoi constituer une formidable équipe de France pour gouverner par temps de tempête”, a-t-il encore souligné, quand le médecin et maire Philippe Juvin, également candidat, affirmait de son côté que “la condition de la primaire c’est l’unité”.

Roussel invoque Zola et Germinal pour lancer son année présidentielle

Une heure de plaidoyer. Fabien Roussel a prononcé son discours de rentrée ce samedi, à Aix-en-Provence, devant 500 militants réunis pour les universités d’été du PCF. Le candidat communiste, crédité de 1 à 3% des intentions de vote dans les derniers sondages a promis à ses troupes de “viser l’Élysée” pour, notamment, “reprendre le pouvoir au monde de la finance.”

Le député du nord, qui représentera sa formation après deux présidentielles passées dans l’ombre de Jean-Luc Mélenchon, a expliqué vouloir “de la justice sociale, de l’égalité de traitement, de l’égalité tout court.” Et de conclure, en empruntant les mots d’Emile Zola: “Rien n’est jamais fini, il suffit d’un peu de bonheur pour que tout recommence.”

Zemmour, aussi, se montre (et n’exclut pas une participation à une primaire)

Le polémiste d’extrême droite, Éric Zemmour, qui continue d’avancer ses pions avant 2022, se montre, lui aussi, pour ce dernier week-end d’août. Il participe, ce samedi, à une table ronde organisée par le mouvement Objectif France, dans le Vaucluse, comme le rapportent plusieurs médias.

L’homme de 62 ans, condamné à plusieurs reprises pour incitation à la haine, n’a pas exclu une participation à une éventuelle primaire à droite. “Je réfléchis à tout, j’observe la situation”, a-t-il simplement répondu à plusieurs journalistes, ajoutant: “mais je crois qu’ils ne veulent pas de moi.” Il est crédité de 7% des intentions de vote dans un récent sondage Ipsos, publié par Le Point.

“Il faudra un candidat unique”, Pécresse met la pression sur Bertrand

Valérie Pécresse le martèle: la droite peut espérer l’emporter en 2022, uniquement si elle présente un seul projet. “Il y a plusieurs candidats à la présidentielle, alors comment on fait? À la fin, il n’en faudra qu’un ou une. À la fin, il faudra un candidat unique de la droite et du centre”, a ainsi lancé la présidente de la région Île-de-France, ce samedi, dans un bref discours à Brive, là où elle réunit ses troupes ce week-end, comme vous pouvez le voir sur les images de BFMTV ci-dessous.

Une allocution destinée aux Républicains, réunis dans le même temps à La Baule, en Loire-Atlantique, mais également à l’adresse de Xavier Bertrand, lequel se refuse à participer à une quelconque primaire entre les différents prétendants dans son camp.

“Je jouerai toujours collectif. Je ne suis plus aux Républicains, mais je me sens profondément de droite et j’accepterai la règle du jeu qui sera fixée ensemble avec Les Républicains”, a encore expliqué Valérie Pécresse qui évoquait, un peu plus tôt dans les colonnes du Parisien, une “primaire plus que jamais inéluctable.” Elle s’exprimera plus en longueur en début d’après-midi dans un discours largement tourné vers le printemps 2022.

Hidalgo promet “une très belle aventure démocratique” aux militants

“On est au pied du mur, à la croisée des chemins”: Anne Hidalgo, présente vendredi 27 août aux journée d’été des socialistes a promis “une très belle aventure démocratique” aux militants, sans toutefois se déclarer officiellement candidate à la présidentielle.

La maire de Paris, créditée pour l’instant d’environ 7% dans les sondages, a participé à une table ronde sur le multilatéralisme, et a ensuite pris la parole lors d’une soirée devant les sympathisants, dans la cour du château de Blois. “Le moment est difficile, le moment est grave”, a-t-elle déclaré devant plusieurs centaines de personne, notamment sur “la question climatique” ou celle “des inégalités”, deux des thèmes sur lesquels elle entend appuyer son projet.

Contestée par l’ancien ministre Stéphane Le Foll en interne, la candidature d’Anne Hidalgo ne fait plus guère de mystère. Olivier Faure, le patron des socialistes, qui s’exprimera ce samedi dans l’après midi devrait, une nouvelle fois, apporter son soutien à l’édile de 62 ans.

Mélenchon s’affiche avec des candidats écolos à Valence

“Concurrents mais pas adversaires”: le candidat LFI à la présidentielle Jean-Luc Mélenchon a déambulé avec les candidats à la primaire écologiste, Eric Piolle puis Sandrine Rousseau, vendredi aux Amfis d’été des Insoumis à Chateauneuf-sur-Isère. Eric Piolle s’était déjà affiché lors de l’édition précédente des Amfis en août 2020. Les deux hommes avaient alors prononcé un discours sur la grande scène ensemble, ce qui n’a pas été le cas vendredi.

“Ca ne sert à rien de s’inventer des querelles entre nous” au vu des nombreuses convergences sur le fond, mais “il ne faut pas non plus nier les divergences qui existent, par exemple sur la manière de convoquer la VIe République ou sur l’Union européenne”, a ajouté Jean-Luc Mélenchon, avant que les deux publient une photo de leurs retrouvailles sur les réseaux sociaux.

Primaire confirmée au PS, mais...

Le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, a confirmé vendredi la tenue d’une primaire interne pour départager les candidats PS à l’élection présidentielle. “Il y aura, comme il est prévu par les statuts (du parti), un vote militant”, a-t-il dit sur France Inter, quelques heures avant le début des universités d’été de sa formation.

Il a en revanche définitivement balayé l’idée d’une “primaire citoyenne”, donc ouverte: “Je ne veux pas, comme l’ensemble des socialistes, revivre des moments de division qui desservent notre candidature plus qu’ils ne la servent”. Reste à connaître la réaction des élus qui demandaient davantage de démocratie au patron du PS, alors que celui-ci a, une nouvelle fois, apporté son soutien à Anne Hidalgo, “la meilleure d’entre nous pour nous représenter.”

Les candidatures se multiplient chez LR

C’est non pour Bruno Retailleau et Laurent Wauquiez. C’est oui pour Éric Ciotti et Michel Barnier. À droite, les derniers candidats potentiels n’ont pas attendu le début des universités d’été de leur formation pour sortir du bois.

Après le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes, qui fait sa rentrée dimanche au mont Mézenc, en Haute-Loire, le chef de file des sénateurs LR a également expliqué vendredi, dans l’après-midi qu’il renonçait à se présenter à la présidentielle, estimant ne pas être “le mieux placé pour battre Emmanuel Macron”.

Au contraire, le député Éric Ciotti, tenant d’une droite dure, a annoncé sa candidature surprise, la veille, sur le plateau de BFMTV, quand Michel Barnier, l’ancien ministre et négociateur du Bréxit faisait de même sur TF1.

Les outsiders pressés de rentrer, les favoris patientent

C’est la rentrée pour l’opposition. Une semaine après les universités d’été du pôle écolo, ce sont les troupes de Jean-Luc Mélenchon qui ont dégainé en premier. Les Insoumis sont réunis à côté de Valence depuis jeudi, pour quatre jours de discours, réunions et autres tables rondes. Le communiste Fabien Roussel fait de même, un peu plus au sud, à Aix-en-Provence, à partir de ce samedi, quand Olivier Faure tente, à Blois, de mettre sa candidate, Anne Hidalgo, en orbite, bien qu’elle ne soit pas encore officiellement déclarée.

À moins d’un an de l’échéance, tous trois, comme les principaux protagonistes de ce week-end politique, participent à la course dans des habits d’outsider, loin derrière les deux favoris, Emmanuel Macron et Marine Le Pen, finalistes en 2017, qui caracolent en tête des enquêtes d’opinion. Les deux patientent encore avant de mettre leurs troupes en ordre de marche.

À voir également sur Le HuffPost: Pour Éric Piolle, l’union de la gauche avant 2022 n’est pas une fin en soi

Cet article a été initialement publié sur Le HuffPost et a été actualisé.

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