Présidentielle 2022: quels sont les scénarios possibles pour la gauche?

Jules Pecnard
·3 min de lecture
Jean-Luc Mélenchon, Anne Hidalgo et Yannick Jadot.  - AFP ; montage BFMTV
Jean-Luc Mélenchon, Anne Hidalgo et Yannick Jadot. - AFP ; montage BFMTV

Depuis 2017, on ne lui prédit d'autre destin en 2022 que la mise en capilotade. À mesure que les sondages pour la prochaine élection présidentielle se multiplient, la certitude que la gauche y partira en ordre dispersé se renforce. D'un côté, Jean-Luc Mélenchon ne donne aucun signe de vouloir s'effacer derrière un candidat de tendance sociale-démocrate. De l'autre, la gauche modérée est confrontée au défi des ambitions divergentes.

Que se passerait-il toutefois si ce candidat parvenait à engranger le soutien à la fois du Parti socialiste et d'Europe Écologie-Les Verts? C'est la question que pose une nouvelle enquête Ipsos publiée ce mercredi par L'Obs, dans laquelle ont été testées les hypothèses d'une candidature unitaire PS-EELV derrière Anne Hidalgo ou Yannick Jadot.

Avantage Jadot

Faute de pouvoir bousculer le duel entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen, la maire de Paris et l'eurodéputé écolo pourraient chacun être en mesure de réparer les dégâts causés par les 6,36% recueillis par Benoît Hamon il y a bientôt quatre ans.

Dans un scénario où Anne Hidalgo est soutenue par EELV dès le premier tour et où Arnaud Montebourg ne se présente pas, le sondage la crédite de 16% des suffrages, au coude-à-coude avec Xavier Bertrand.

Si à l'inverse, le PS se rangeait derrière Yannick Jadot, ce dernier obtiendrait d'après l'institut Ipsos 17% des suffrages, soit deux points devant le président des Hauts-de-France.

L'une comme l'autre de ces deux hypothèses sont loin d'être acquises. Forts de leurs victoires aux municipales l'an dernier, les Verts n'entendent pas rééditer leur effacement de 2017 et avoir un candidat sur la ligne de départ à la présidentielle, gage d'existence dans notre système politique. Le PS, meurtri par la fin du quinquennat Hollande et en grande difficulté financière, veut à tout prix éviter l'effacement définitif.

Gauche émiettée, gauche essorrée

En l'absence d'accord entre les deux formations, la gauche serait sûre d'être émiettée et réduite à un amas de petits scores, tous situés en deçà du chiffre double. Dans ce scénario, testé par Ipsos, c'est Jean-Luc Mélenchon qui se hisserait en "tête" avec seulement 9% des suffrages. Il serait suivi de la maire de Paris (8%), de Yannick Jadot (7%) et d'Arnaud Montebourg (4%).

Quoi qu'il en soit, le duopole Macron-Le Pen demeure l'intangible des enquêtes d'opinion, y compris celle-ci. Selon les scénarios étudiés (ils sont sept), le président sortant se situe entre 24 et 27%, tandis que la candidate du Rassemblement national est créditée de 25 à 26,5%.

Faible "présidentialité"

Les deux finalistes de 2017 recueillent par ailleurs les meilleurs scores de "présidentialité", anglicisme censé définir qui entre tel ou tel serait, dans l'esprit des Français, le plus apte à diriger le pays.

À cette question, Marine Le Pen est créditée de 30% d'opinions positives et Emmanuel Macron 38%, soit le chiffre le plus élevé. Ce qui peut sembler logique, dans la mesure où il occupe le poste depuis bientôt quatre ans.

À gauche, c'est François Hollande qui obtient le score le plus reluisant avec 22% (ce qui s'explique sans doute par le fait que le socialiste a déjà été chef de l'État). Il est suivi de Christiane Taubira (19%), Arnaud Montebourg, Anne Hidalgo et Jean-Luc Mélenchon (les trois sont à égalité avec 18%). Yannick Jadot n'est jugé potentiel "bon président" que par 11% des personnes interrogées.

Article original publié sur BFMTV.com