Présidentielle 2022: ce que proposent les candidats contre les agressions de policiers

·5 min de lecture
Un policier se recueille le 9 mai 2021 devant le commissariat de police d'Avignon, après la mort de son collègue Eric Masson tué le 5 mai - Nicolas TUCAT © 2019 AFP
Un policier se recueille le 9 mai 2021 devant le commissariat de police d'Avignon, après la mort de son collègue Eric Masson tué le 5 mai - Nicolas TUCAT © 2019 AFP

876450610001_6279748687001

En Seine-et-Marne, à Savigny-le-Temple, des tags proposant des primes pour tuer ou violer des policiers ont été découverts ce vendredi. Le ministre Gérald Darmanin, qui s'est rendu sur place dimanche, a assuré que des "provocations" comme celles-ci ne resteront pas "impunies". Alors que les agressions et menaces contre des fonctionnaires de police se multiplient, que proposent les candidats à la présidentielle pour lutter contre ce phénomène? Tour d'horizon.

A droite, la fermeté est de mise. Du côté des candidats à l'investiture des Républicains, on prône notamment une meilleure application des peines. Sur le plateau de BFM Politique ce dimanche, Xavier Bertrand a ainsi estimé qu'il "faut que la justice soit dure". "Et si on appliquait la loi déjà? Trois ans d'emprisonnement 45.000 euros d'amende quand on menace un policier ou sa famille. C'est appliqué ça? Bien sûr que non", a-t-il asséné, fustigeant un "laxisme".

876450610001_6279620800001

Pour mettre fin à ces menaces et agressions, qui durent "depuis des années et des années", le président des Hauts-de-France propose la mise en place de "peine minimales obligatoires". "Quand on agresse physiquement un policier, un gendarme mais aussi un pompier", le candidat LR souhaite "à l’issue d'un procès, un an de prison minimum sans sursis, sans aménagement de peine". "Il est temps de protéger ceux qui nous protègent", a-t-il martelé, affirmant que "nos policiers et nos gendarmes ont une cible sur leur uniforme".

"Celui qui touche à un policier (...) le soir même, il dort en prison"

Au sein du même parti, le député des Alpes-Maritimes Éric Ciotti propose également l'instauration de "peines minimales, des peines plancher, contre ceux qui agressent, qui portent atteinte, qui menacent un policier, un gendarme, un pompier, un douanier". Il va toutefois plus loin que Xavier Bertrand, expliquant que "celui qui touche à un policier", il faut que "le soir même, il dorme en prison". "La seule sanction possible, c'est la prison ferme immédiatement", a-t-il jugé sur BFMTV, le 13 octobre dernier.

"Il faut sanctuariser l'uniforme de la République. Il faut protéger ceux qui nous protègent. Comment faire respecter les lois quand ceux qui sont en charge du respect de ces lois sont eux-mêmes l'objet d'attaques permanentes? Il faut mettre un coup d'arrêt avec une fermeté totale, sans indulgence, à l'encontre de ceux qui utilisent ces méthodes", a-t-il ajouté. 876450610001_6276936548001

Fin octobre, à l'occasion d'un déplacement à Alençon (Orne), où le commissariat avait essuyé des tirs de mortier d'artifice quelques jours plus tôt, la candidate du Rassemblement national Marine Le Pen a également fustigé le "laxisme des politiques" à l'encontre des policiers. Celle qui plaide pour "réarmer moralement" les forces de l'ordre estime aussi que ces derniers devraient bénéficier d'une "présomption de légitime défense".

Parmi ses proposions, "poursuivre les parents qui ne respectent pas leurs obligations", et "supprimer les allocations des familles de délinquants, ou encore à "les expulser des logements sociaux". D'après elle, "il n'y a plus aucune raison de faire preuve de mansuétude vis-à-vis de ceux qui pourrissent la vie de citoyens honnêtes".

"Une police de proximité"

Contre la fermeté affichée par la droite, la gauche répond par un besoin de recrutement, de proximité de la population avec les forces de l'ordre. Invitée du Grand Jury ce dimanche, la candidate socialiste Anne Hidalgo a déclaré qu'il "faut beaucoup plus de policiers, mieux formés".

D'après elle, "il faut aller vers des recrutements supérieurs à ce qu'on a aujourd’hui, plus de 10.000", et surtout bâtir un "continuum entre la police nationale et les polices municipales, pour avoir une police de proximité". "Les policiers sont les piliers de la République, je crois à une police républicaine, respectée par la population, et leur rôle est indispensable", a-t-elle assuré.

Autre figure de la gauche et candidat pour la "remontada" de la France, Arnaud Montebourg a estimé ce dimanche sur l'antenne de LCI, que "ces appels au meurtre doivent être durement sanctionnés".

"Je défends la sévérité républicaine, la loi doit toujours trouver à s'appliquer", a-t-il ajouté, prônant une "police de proximité", qui "permet d'établir la confiance".

Suppression de l'IGPN

En décembre dernier, sur notre antenne, le leader de la France Insoumise Jean-Luc Mélenchon préconisait quant à lui une "refonte républicaine" de la police, "de la cave au grenier". "Mon idée de la police, c'est une police de gardien de la paix. Le niveau doit monter, on doit faire de la formation. On doit renoncer aux techniques qui provoquent de la violence", a-t-il déclaré, en référence aux violences policières lors des manifestations des gilets jaunes.

876450610001_6215959955001

Pour rétablir la confiance entre les forces de l'ordre et la population, l'Insoumis souhaite également dissoudre l'Inspection générale de la Police nationale (IGPN), "un organisme bidon". "Des policiers jugeant des policiers, c'est absurde. On a besoin d'un recours qui tranquillise le citoyen et rassure le policier", a-t-il assuré, ajoutant qu'une "société dans laquelle la population déteste sa police et la police se méfie de la population, il faut arrêter ça, il faut rentrer dans une logique de désescalade".

Enfin, à rebours de la tradition de l'extrême-gauche, le candidat communiste Fabien Roussel, qui a affiché à plusieurs reprises son soutien aux forces de l'ordre, a estimé sur Europe 1 dimanche que les attaques envers les "bleus" étaient "inadmissibles". Comme Anne Hidalgo, le candidat du PCF propose la création d'une "police nationale de proximité avec 30.000 hommes et femmes, statutaires et mieux formés pour que lorsqu'ils interviennent". Avec, comme objectif, "reconquérir certains quartiers abandonnés par l'État".

Article original publié sur BFMTV.com

Notre objectif est de créer un endroit sûr et engageant pour que les utilisateurs communiquent entre eux en fonction de leurs centres d’intérêt et de leurs passions. Afin d'améliorer l’expérience dans notre communauté, nous suspendons temporairement les commentaires d'articles