Présidentielle 2022: comment se prépare la campagne du presque candidat Macron

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Le président Emmanuel Macron, le 28 septembre 2021 à l'Elysée, à Paris - Ludovic MARIN © 2019 AFP
Le président Emmanuel Macron, le 28 septembre 2021 à l'Elysée, à Paris - Ludovic MARIN © 2019 AFP

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Un parti à pied d'œuvre pour la présidentielle. Selon nos informations, La République en Marche place ses pions à bientôt trois mois du premier tour de l'élection. Le parti de la majorité a organisé des groupes de travail thématiques, qui se retrouvent régulièrement, pour plancher sur les futures réformes de leur presque candidat Emmanuel Macron.

Des "ambassadeurs"

En parallèle de ces groupes, les Marcheurs forment leurs "ambassadeurs". Ils sont une vingtaine, chapeautés par le député Roland Lescure et Anne de Bayser. Leur mission: tisser des réseaux dans leurs domaines, vendre le bilan du président de la République et prendre le pouls de ces secteurs cinq ans après le début de son mandat.

Le producteur Jean-Marc Dumontet, propriétaire de théâtres et proche du président, est notamment chargé de la branche culture.

"Ça sera une campagne de collaborateurs et pas de politiques", résume-t-on autour du président.

"Il faut que le président réussisse à expliquer comment il veut réformer le pays. Il ne fera pas la différence avec Pécresse s'il parle de l'âge pivot sur la retraite. Il doit incarner le macronisme de 2022: sociétal, jeunesse, innovation...", analyse un ministre pour BFMTV. "Personne ne regarde l'avenir dans cette campagne, donc ce sera Macron. C'est son ADN. La gauche pourrait le faire mais, coup de chance, elle a disparu du radar", développe-t-il.

Un commando de ministres dans les médias

Ces derniers mois, des ministres à l'affût d'un poste de premier plan dans la campagne se sont poussés du col pour mettre toutes les chances de leurs côtés. Les mondes politique et médiatique spéculaient sur le rôle que jouerait tel ou tel.

Mais selon nos informations, les membres du gouvernement les plus fidèles, comme Gabriel Attal, Sébastien Lecornu ou encore Clément Beaune, pour ne citer qu'eux, devraient rester au gouvernement, tout en montant au front: ils formeront un commando de combattants sur les plateaux télés. Ministres et en même temps "snipers", ils garderaient cette double casquette jusqu'au bout de la campagne.

"Emmanuel Macron n'a pas intérêt à déstabiliser son gouvernement quelques mois avant la campagne. Et comme la campagne va être très courte, encore plus courte, la logique est de nommer des personnes extérieures", décrypte une source au sein de l'exécutif.

Gabriel Attal est amené un rôle particulier dans ce dispositif: lors de son dernier point presse, par exemple, le porte-parole du gouvernement était déjà en quelque sorte porte-parole du candidat Emmanuel Macron quand il défendait sa petite phrase sur sa volonte d'"emmerder" les non-vaccinés.

En plus de ces personnalités médiatiques, un groupe de plusieurs porte-paroles de campagne devrait être constitué: certaines des porte-paroles du parti sont citées et pour poursuivre leur rôle dans la campagne, comme Prisca Thevenot ou Maud Bregeon. Le nom de Sarah El Haïry - secrétaire d'État à la jeunesse, issue du Modem - est par ailleurs cité pour participer à l'organisation de la campagne.

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Trois personnes à la tête de la campagne

"Vous vous focalisez tous sur un 'organigramme' qui n'a aucune importance", explique un proche du chef de l'État. "Emmanuel Macron se moque des titres et des fonctions. Il fait à l'intuition et en fonction de l'idée qu'il a des gens sur un sujet donné à un moment donné."

Il n'aura donc pas l'équivalent d'un Patrick Stefanini auprès de Valérie Pecresse, mais sans doute plutôt un "organisateur de campagne", selon nos informations. C'est un homme de l'ombre, Grégoire Potton, qui devrait jouer ce rôle. Ancien socialiste, déjà au cœur du dispositif en 2017, aujourd'hui il coordonne tout depuis le parti: les salariés, la logistique, les idées.... Mais il n’apparaît jamais. La cheffe cabinet adjointe à l'elysee Cecile Geneste est citée pour devenir cheffe de cabinet de la campagne, mais rien n'est acté à ce stade.

Car les vrais directeurs de campagne devraient être deux: Alexis Kohler, secrétaire général de l'Élysée, véritable tour de contrôle depuis son bureau, et... Emmanuel Macron lui-même. À croire qu'on n'est jamais mieux servi que par soi-même, même lorsqu'on est président.

Article original publié sur BFMTV.com

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