Présidentielle 2022: Mélenchon prône "l'union populaire" et tourne le dos à l'union de la gauche

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Jean-Luc Mélenchon à Marseille lors du premier tour des élections régionales, le 20 juin 2021. - Clément Mahoudeau
Jean-Luc Mélenchon à Marseille lors du premier tour des élections régionales, le 20 juin 2021. - Clément Mahoudeau

La rupture est consommée entre la France insoumise et les autres partis de gauche. Jean-Luc Mélenchon a tenu ce jeudi matin une conférence de presse pour exposer son concept d'"Union populaire", destiné à fédérer l'électorat de gauche autour d'une seule et unique candidature: la sienne.

N'ayant eu que peu d'ambitions pour les élections régionales - à l'exception de la candidature de la députée Clémentine Autain en Île-de-France - la France insoumise a déjà depuis plusieurs mois les yeux rivés vers la présidentielle de 2022. Une échéance électorale qui attise les convoitises de plus d'une personnalité politique de gauche.

"Je savais qu'il y aurait un candidat pour chacun"

Participation d'Eric Piolle, de Yannick Jadot et Sandrine Rousseau à la primaire écologiste, tribune publiée en soutien à Anne Hidalgo, candidatures déjà annoncées de Fabien Roussel et de Philippe Poutou... Pour Jean-Luc Mélenchon, cette multiplicité de prétendants n'a rien d'une surprise.

"Je n'ai jamais douté une seule seconde qu'il en serait ainsi et c'est d'ailleurs la raison pour laquelle, le sachant de longue main [...] je savais qu'il y aurait un candidat pour chacun et que dans ces conditions je n'avais rien d'autre à faire que d'affirmer qui je suis et ce que je suis avec la France insoumise et le programme 'L'Avenir en commun", a expliqué devant la presse le député insoumis.

"L'union de la gauche n'existera pas"

Après avoir lancé la première phase de sa campagne intitulée "Nous sommes pour", destinée à rassembler le nombre de parrainages suffisant pour sa candidature, Jean-Luc Mélenchon a ainsi entamé ce jeudi une nouvelle étape: "l'Union populaire".

L'occasion pour le candidat de présenter son affiche de campagne, où il figure en veste et chemise, sans cravate, et avec pour arrière-plan un horizon marin très similaire à celui présent sur l'affiche de campagne de Nicolas Sarkozy en 2012.

"Si l'on ne peut pas s'accorder en agitant des petits drapeaux et des colliers de logos pour que se rassemblent tous ceux qui, de manière disciplinée, suivent Pierre Paul Jacques, chose qui n'existe plus aujourd'hui, alors il faut le faire d'une autre manière", estime le leader des insoumis, "plutôt que l'union de la gauche qui ne mène nulle part et n'a pas de signification politique, il faut réaliser plutôt l'union populaire sur le programme capable de rassembler le peuple."

Pour lui, pas de doute: sa candidature est celle ayant suscité le plus d'élan parmi les électeurs de gauche. Les résultats non-négligeables du Parti socialiste ou des Verts aux régionales auront beau éclipser ceux de la France insoumise, Jean-Luc Mélenchon rappelle que la forte abstention reste le grand vainqueur de cette élection.

"Le problème? Oui, il y a en a un pour vous quand il s’agit de moi! C’est que je compte deux fois plus que chacune de vos candidatures dans les sondages, même quand on m’inflige une abstention différentielle de trois ou quatre points de plus qu’à vous sans le dire!", écrit sur son blog le chef de file des Insoumis à l'adresse des autres candidats.

"Divorce par consentement mutuel"

Le candidat à la présidentielle de 2022 affirme porter, à la différence des autres formations de gauche, "le mouvement de la rupture avec les règles du jeu de ce monde qui épuise les êtres humains et la nature".

"Puisque l’union de la gauche n’existera pas parce que les programmes sont faiblement compatibles et que nous le savons tous depuis des mois, tournons la page dans la dignité d’un divorce par consentement mutuel!", poursuit le leader des Insoumis, "pour les Insoumis, pour moi, l’heure est à l'union populaire. C’est-à-dire au rassemblement majoritaire du peuple".

Un rassemblement qui pourrait bien ne pas lui suffire pour espérer être qualifié au second tour. Selon un récent sondage Elabe "L'Opinion en direct" pour BFMTV, le candidat de la France insoumise ne recueillerait qu'entre 9 et 10% des intentions de vote au premier tour de la présidentielle. Jean-Luc Mélenchon se trouverait comme en 2017 en quatrième position, loin derrière Emmanuel Macron, Marine Le Pen et le candidat de la droite.

Article original publié sur BFMTV.com

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