Présidentielle 2022: le gouvernement souhaite mettre en place le vote par anticipation

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Le gouvernement a déposé mardi 16 février un amendement pour permettre le vote par anticipation en 2022. Le texte a été déposé devant le Sénat qui ese penche sur l'organisation de l'élection présidentielle. Une démarche pour modifier les règles électorales dont personne n'avait été prévenu et qui a suscité interrogations et critiques.

Même au sein du gouvernement, personne n'était au courant du dépôt de cet amendement. Dans l'entourage d'un ministre directement impliqué, l'étonnement est total : « C'est tombé comme un cheveu sur la soupe, c'est un amendement qui va mal tourner ».

C’est le chef de l’État Emmanuel Macron lui-même qui, d’après nos informations, a insisté en début de semaine pour que sa promesse soit mise en œuvre, d’où la précipitation du gouvernement.

Augmenter la participation

Dans l'entourage du Premier ministre, on espère sans beaucoup d'espoir que les sénateurs « ne vont pas se servir de la forme pour critiquer le fond ». Et le fond, c'est de mettre dans le débat parlementaire la question du vote par anticipation pour voir s'il peut augmenter, même un petit peu, la participation au scrutin de 2022 si l'épidémie de Covid-19 persistait en permettant de voter plusieurs jours à l'avance.

Le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal a rappelé la promesse du candidat Macron en 2017. « Cet engagement a été pris pour donner le plus de possibilités possibles de participer au scrutin aux Français, dit-il. Et cet engagement, il est renforcé par la crise sanitaire qui doit nous conduire à donner davantage de moyens de participer aux élections comme c'est d'ailleurs le cas dans un grand nombre de pays, y compris chez nos voisins. »

Tir de barrage de la droite

Une proposition tombée du ciel, sans discussion préalable et donc suspecte aux yeux du chef de file des sénateurs de droite Bruno Retailleau. « Pour l'élection, quand même qui est l'élection reine, la clé de voûte des institutions, – l'élection présidentielle –, adopter cette méthode de précipitation en catimini pour ce type de votation, franchement, ça fait penser à une manœuvre électorale », a commenté l'élu.

Pas d’accord non plus le patron des sénateurs centristes Hervé Marseille, pour qui l’utilisation de machines électroniques pour voter par anticipation pose problème. « Parce que il peut y avoir des cyberattaques, parce qu'il faut de l'entretien, parce que ça coûte cher, parce que s'il y a une contestation du vote vous ne pouvez pas recompter les bulletins de vote », explique-t-il.

L’amendement sera examiné ce jeudi au Sénat.

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