Présidentielle 2022: EELV déterminé à présenter une candidature

Clarisse Martin
·4 min de lecture
Europe Ecologie - Les Verts - -
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Fort de ses bons résultats aux élections européennes de 2019 et aux municipales du printemps dernier, Europe Ecologie-Les Verts (EELV) voit plus loin. Le mouvement met le cap sur la présidentielle de 2022. "Pour la première fois de notre histoire, nous pouvons gagner", assure le secrétaire national du parti Julien Bayou dans Le Figaro.

Le Conseil fédéral du parti se réunit ce week-end. A distance, crise sanitaire oblige. A l'ordre du jour notamment, la prochaine présidentielle et l'entérinement de l'organisation d'une primaire:

"Une motion parmi d'autres (...) une sorte de feuille de route pour se doter d’outils pour aborder la période présidentielle et si possible un vrai rassemblement, avec le pôle écolo de façon certaine, voire plus", fait valoir la secrétaire nationale adjointe, Sandra Regol, auprès de BFMTV.com.

Plusieurs candidats sur les rangs

Pour l'heure, plusieurs écologistes parlent d'ambitions élyséennes: l'eurodéputé Yannick Jadot ne s'en cache pas, et l'ancienne porte-parole du mouvement Sandrine Rousseau a adressé une lettre aux militants fin octobre pour dévoiler ses intentions.

"Je reviens avec l'envie de me porter candidate à la primaire des écologistes pour la prochaine élection présidentielle", a écrit l'ex-vice-présidente écologiste du Conseil régional du Nord-Pas-de-Calais dans une lettre le 26 octobre, citée par Libération.

Une candidature qui permet d'éviter "un match 100% masculin. Il y avait une demande d'une femme à gauche et aucune de nous n'avait envie de s'y coller", confie Sandra Regol dans les colonnes de Libération.

Jusque-là était annoncé un duel entre Yannick Jadot et le maire de Grenoble Eric Piolle, dont la candidature ne laisse que peu de place au doute. Ce dernier avait indiqué sur BFMTV en septembre dernier qu'il se prononcerait sur une éventuelle candidature au "printemps prochain", tout en assurant "qu'il y aura un candidat qui portera l'écologie politique" en 2022.

La date de la primaire à arrêter

Le principe de la primaire semble faire consensus. "Ca ne fait pas débat parce que ce n'est pas tendu entre les trois candidats. (...) Ce n'est pas Joly/Hulot ou Duflot/Jadot. On n'est pas du tout dans ce genre de truc à couteaux tirés", compare Sandra Regol. "La base demande de l’unité donc logiquement, les gens qui sont les candidatures putatives ont plutôt tendance à aller dans ce sens-là", assure-t-elle.

La date de la primaire à venir n'est en revanche pas arrêtée, et devrait dépendre du report (qui semble tenir la corde) des élections régionales de mars:

"L'idée depuis le départ, c'était de ne pas faire se juxtaposer une campagne interne avec une campagne externe", fait valoir Sandra Regol.

Occuper le devant de la scène

En 2016, la primaire organisée en vue de la présidentielle de 2017 avait été remportée par Yannick Jadot, qui s'était finalement désisté au profit du candidat socialiste Benoît Hamon, avec le succès que l'on connaît.

"Nous ne voulons plus être sous-traités. S’il y a bien un parti qui s’est déjà retiré au profit des autres, c’est nous", rappelle Julien Bayou dans Le Figaro.

"On est le seul parti dans l'histoire de la Ve qui a fait le choix lors d'une élection présidentielle de retirer son candidat, pour essayer de faire gagner des idées issues de la gauche et de l'écologie", appuie Sandra Regol. "Personne ne peut nous reprocher de ne pas avoir le courage de prendre des décisions difficiles comme celle de ne pas avoir de candidat."

En 2022, "dans l'idéal, il y a une candidature écologiste à la présidentielle qui rassemble tout le monde, toute la gauche et les partis qui se sont écologisés. Après, on reste ouverts aux discussions autour d'un projet et d'une candidature écolo", poursuit la secrétaire nationale adjointe.

EELV ne prévoit pas de "plan B" qui consisterait à se rallier derrière une autre candidature de la gauche, affirme Julien Bayou, cité dans une "indiscrétion" du Figaro Magazine. "Ce qui change par rapport à avant? Cette fois, on y va pour gagner", déclare ce dernier.

Article original publié sur BFMTV.com