Présidentielle 2022: ces candidats ont-ils enfin compris la priorité des Français?

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Ces candidats ont-ils (enfin) compris les priorités des Français? (photo d'illustration) (Photo: Jean-Paul Pelissier via Reuters)
Ces candidats ont-ils (enfin) compris les priorités des Français? (photo d'illustration) (Photo: Jean-Paul Pelissier via Reuters)

POLITIQUE - Monnaie courante. À six mois de l’élection présidentielle, les candidats font profusion de propositions pour soutenir le pouvoir d’achat des Français. Une tentative, pour la gauche, de sortir des thèmes identitaires qui étouffent le débat, suivie par la droite dans un contexte de flambée des prix de l’énergie.

D’un côté, les prétendants à l’Élysée prônent hausses de salaires et du Smic, mais aussi, pêle-mêle, primes en tous genres, création d’un revenu de base, baisse des taxes ou de la TVA, voire blocage de certains tarifs. Quitte à rester parfois en surface. De l’autre, la majorité, loue un quinquennat positif pour les ménages les moins aisés et n’hésite pas à afficher Emmanuel Macron comme le président du “pouvoir d’achat.”

Une attention particulière qui tranche avec les propositions les plus discutées depuis le début de la campagne, mais qui répond à une aspiration profonde des Français pour la prochaine échéance électorale.

Le concours Lépine du porte-monnaie

C’est même leur première priorité en cet automne. Comme c’était le cas l’année dernière, en 2019, ou même avant. Selon une enquête OpinionWay publiée début octobre par Les Echos, le pouvoir d’achat est en tête des préoccupations, placée, à cette occasion, “parmi les enjeux qui compteront le plus” par 48% des personnes interrogées (qui pouvaient en citer plusieurs).

Dans le même esprit, une étude Elabe menée à la fin du mois de septembre, pour BFMTV montrait que 41% des Français estiment que la question portant sur le porte-monnaie sera le thème le plus important au moment de choisir leur bulletin au printemps prochain. Et ce, bien loin devant la sécurité (31%) ou la santé (29%).

Alors chacun y va de sa proposition. À gauche, Jean-Luc Mélenchon, qui prônait déjà une hausse du Smic de plus de 100 euros ou une allocation d’autonomie pour les 18-25 ans a par exemple présenté à la mi-septembre, une “Loi d’urgence sociale” pour bloquer les prix de produits de première nécessité, dont ceux du gaz, de l’électricité et de cinq fruits et légumes. “On sait que la vie imposera ses questions. Elles sont sociales: durée du travail, salaire, alimentation, les choses basiques de notre quotidien. Je fais ce pari que l’élection va se jouer sur ces questions”, martèle-t-il, encore, vendredi 15 octobre dans une interview à L’union-L’Ardennais.

Le candidat écolo, Yannick Jadot, veut, lui, un “revenu citoyen” pour chaque adulte “en précarité” à partir de 18 ans quand, la socialiste Anne Hidalgo suscite les critiques en proposant de doubler “au moins” les salaires de “toutes les personnes au contact avec les élèves”.

Mais, concrètement?

À droite, l’objectif est le même, mais les recettes diffèrent. Force est de constater que tous occupent le terrain, de Michel Barnier à Valérie Pécresse, sans oublier pour autant, les thèmes chers à leur camp que sont la sécurité et l’immigration.

Pas de hausse du smic à proprement parler pour Valérie Pécresse, mais une augmentation du salaire net de 10% en abaissant les charges salariales. Xavier Bertrand veut, lui, une “prime au travail”, en remplacement de la prime d’activité, pour près de la moitié des salariés français et des heures supplémentaires majorées, sans charges ni impôts. Même Marine Le Pen investit le débat en proposant, de son côté, une baisse de la TVA sur l’essence, le gaz et l’électricité à 5,5% au lieu de 20%.

Et après? Aucune de ces -nombreuses- propositions infuse vraiment dans la population. Dans un climat de défiance vis-à-vis de la parole politique, les électeurs semblent se méfier: personne n’apparaît pour l’heure majoritairement crédible à leurs yeux sur ce terrain. “Les Français sont comme Saint Thomas: ils ne croient que ce qu’ils verront, ou pas, à un moment sur leur fiche de paie”, décrypte Bernard Sananès, le président de l’institut Elabe à l’AFP.

Il est “très tôt” aussi pour les candidats qui “généralement sortent du bois en janvier/février et précisent alors le financement de leur programme”, rappelle Alain Trannoy, professeur à l’Ecole d’économie d’Aix-Marseille, à l’heure où de nombreuses questions se posent autour des promesses en tous genres. Comment seraient financées les baisses de taxes et les baisses de charges? Quels effets attendre d’une hausse du Smic sur le reste de l’économie? Autant rester évasifs, au moins jusqu’à Noël.

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Cet article a été initialement publié sur Le HuffPost et a été actualisé.

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