Présidentielle 2022: Anne Hidalgo appelle à une primaire à gauche

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Anne Hidalgo sur TF1 le 8 décembre (Photo: Capture TF1)
Anne Hidalgo sur TF1 le 8 décembre (Photo: Capture TF1)

POLITIQUE - C’est un tournant dans sa campagne. Ce mercredi 8 décembre, à la surprise générale, Anne Hidalgo, candidate socialiste à la présidentielle depuis trois mois, annonce au 20h de TF1 qu’elle demande une primaire de toute la gauche.

Il faut dire que depuis le début, la campagne de la maire de Paris ne prend pas. Un sondage Elabe pour BFMTV publié mardi 7 décembre la créditait de 3% des voix.

Interrogée sur le sujet, elle affirme: “Oui j’en ai tiré des conséquences car cette gauche fracturée doit se rassembler. Il faut organiser une primaire de cette gauche”, propose la maire de Paris, sans jamais citer La primaire populaire, collectif de militants qui se battent pour l’union de la gauche depuis des mois.

Le compte officiel de cette organisation a d’ailleurs réagi par l’humour, avec un émoji d’un petit signe de la main pour signifier à la candidate qu’ils existaient. Mathilde Imer, porte-parole de la Primaire populaire ajoutait un peu plus tard auprès de HuffPost: “Il faut déjà se féliciter que deux candidats appellent au rassemblement. Ils entendent la volonté de leurs électeurs”, à propos d’Anne Hidalgo et d’Arnaud Montebourg qui se disait prêt à se retirer en cas d’union le même jour. “On appelle l’ensemble des candidats à rejoindre cette dynamique”, poursuivait la militante écolo.

“Si nous ne faisons pas ce rassemblement il n’y aura pas de possibilité pour la gauche”. “Je prends ma responsabilité, il y a urgence”, a poursuivi Anne Hidalgo sur TF1.

Insoumis et écologistes déclinent l’invitation

À peine sa déclaration achevée, insoumis, communistes et écologistes ont opposé un refus net à une telle primaire.

“La candidate socialiste reconnaît l’incapacité du PS à être force motrice. Dont acte. Le projet d’avenir c’est l’écologie. La primaire a déjà eu lieu et le candidat c’est Yannick Jadot”, a tweeté en réaction Julien Bayou, secrétaire national EELV.

Pour LFI, le député Éric Coquerel a considéré, interrogé par l’AFP, que la maire de Paris proposait “la méthode qui a perdu en 2017” lorsque Benoît Hamon avait remporté la primaire PS pour échouer à 6% des voix au premier tour de la présidentielle.

“Elle est dans une situation qui l’oblige à éviter ce que lui promettent les sondages”, a ajouté Éric Coquerel, jugeant que s’il “y a une exigence d’une union la plus large possible, elle ne peut pas être artificielle, comme si on avait simplement affaire à plusieurs têtes de gondoles qui proposeraient le même contenu”.

C’est la “proposition de la dernière chance pour elle”, a raillé la députée Insoumise Danièle Obono.

Toujours chez LFI, Alexis Corbière et Mathilde Panot ont pointé l’incohérence des déclarations de la candidate socialiste, entre celles du matin et celles du soir.

Refus net aussi chez le candidat communiste Fabien Roussel. “Une primaire permet seulement de régler un problème de casting, or le problème de la gauche aujourd’hui c’est qu’elle ne parle plus aux classes populaires. Fabien Roussel est candidat et le restera”, a assuré son entourage à l’AFP.

Au sein même du PS, certains n’y croient guère, comme l’ancien président François Hollande qui a jugé sur BFMTV qu’“une candidature d’union n’a de sens que si tous les candidats partagent les mêmes propositions. Or on sait que ce n’est pas le cas”.

Mais Olivier Faure, Premier secrétaire du PS, a salué “le choix courageux d’une femme d’État qui a le sens de la gravité du moment et de l’immense responsabilité de celles et ceux qui portent le projet d’une République écologique et sociale”.

Montebourg prêt à se retirer

Un peu plus tôt dans la journée, Arnaud Montebourg a annoncé qu’il était prêt à se ranger derrière un autre candidat. “Il est impérieux de retrouver une force unifiée pour peser sur les événements dangereux qui se préparent”, expliquait-il dans les colonnes de Libérationce mercredi matin, avant de publier une “lettre ouverte au peuple de gauche” dans laquelle il se dit “prêt à offrir sa candidature à un projet commun et à un candidat commun” si une discussion entre tous les candidats de gauche s’ouvre.

“J’invite mes concurrents et camarades à faire de même”, demandait encore le candidat de la “Remontada de la France”.

Dans la soirée, sur Franceinfo, il s’est encore “réjouit” de “l’initiative” d’Anne Hidalgo, mais a appelé à se mettre d’abord d’accord sur “un programme commun”, et a souligné qu’il ne ferait pas une primaire “en tête à tête”.

À voir également pour Le HuffPost:La candidate Anne Hidalgo peine à imprimer sa marque

Cet article a été initialement publié sur Le HuffPost et a été actualisé.

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