Présidentielle: une éventuelle participation d'Éric Zemmour à la primaire de LR divise la droite

·4 min de lecture
Une candidature d'Éric Zemmour à la présidentielle de 2022 semble de plus en plus probable - Ludovic Marin - AFP
Une candidature d'Éric Zemmour à la présidentielle de 2022 semble de plus en plus probable - Ludovic Marin - AFP

Éric Zemmour candidat à la probable primaire de la droite? Pour certains cadors de la droite, c'est non.

Gérard Larcher a estimé ce matin sur France Inter ne "pas partager les mêmes valeurs, le même regard sur la société" que le polémiste. Même son de cloche pour Eric Ciotti, candidat déclaré au processus de désignation. "Il n'appartient pas à ma famille politique" a-t-il jugé ce jour sur France Info.

L'hypothèse Zemmour est pourtant envisagée sérieusement par certains à droite - voire réclamée. Une centaine de jeunes sympathisants et militants Les Républicains ont signé une tribune le 27 août dernier dans Le Point pour appeler le parti à soutenir sa candidature à la présidentielle sans passer par la case primaire.

"Nous avons enfin un candidat naturel qui correspond à la fois aux convictions des militants et aux attentes des Français. Obliger les militants LR à devoir choisir entre Bertrand ou Pécresse, deux responsables politiques qui ont quitté LR parce qu’ils trouvaient le parti trop à droite serait un mauvais signal à cet électorat 'plus à droite'", avance la tribune.

Zemmour bienvenu chez LR sous Wauquiez

Une initiative qui n'a pas suscité de réaction du patron des LR, Christian Jacob, mais qui n'a surpris personne à droite. Éric Zemmour lui-même a tenu à rappeler qu'il avait été accueilli par le parti en 2019.

"Vous êtes ici chez vous, m'a dit Laurent Wauquiez lorsqu'il dirigeait les LR et que j'étais venu présenter l'un de mes livres", a raconté le journaliste lors de l'université d'été du micro-parti Objectif France, le 28 août dernier.

Une convergence de points de vue manifestée aussi par les échanges entre le chroniqueur et Patrick Stefanini au début de l'été. Cet ancien préfet, ex-directeur de campagne de François Fillon et numéro un de la campagne pour les primaires de Valérie Pécresse, lui aurait prodigué quelques conseils au début de l'été, d'après Politico.

"Le camp du défaitisme contre le camp des solutions"

Il ne faudrait toutefois pas y voir le soutien d'une partie de la droite, assure Roger Karoutchi, l'ancien ministre de Nicolas Sarkozy. "Il y a bien des éléments avec lesquels nous pouvons être d'accord", souligne le sénateur LR. "Mais la primaire est faite pour débattre entre candidats de la droite gaulliste et libérale. Ce n'est pas son cas", estime ce proche de la présidente de la Région Ile-de-France. Le constat est d'ailleurs partagé par le député de l'Essonne Robin Reda.

"On peut avoir des convergences de vue. D'ailleurs, si on veut une primaire des bons mots, il serait parfait. Mais nous souhaitons une primaire de la crédibilité. Zemmour, c'est le camp du défaitisme. Nous sommes le camp des solutions."

Brice Hortefeux, lui, estime au contraire que le polémiste aurait toute sa place dans le processus de désignation. "Il est souverainiste, tout comme Henri Guaino ou Julien Aubert qui appartiennent à notre famille politique", rappelle-t-il, contacté par BFMTV.com.

La participation d'Éric Zemmour aurait aussi le mérite de donner un coup de projecteur sans précédent sur la désignation du candidat LR. "La primaire intéresserait beaucoup plus les médias avec sa présence, c'est une évidence", insiste l'ancien ministre de l'Intérieur.

Le polémiste ira-t-il jusqu'au bout?

"Ne faisons pas de la primaire une affaire de marketing ou de coup de pub", répond toutefois Annie Genevard, la numéro deux des LR.

Plus largement, le cas Zemmour est symbolique de la situation de la droite, pour l'historien David Bellamy, contacté par nos soins.

"Depuis une dizaine d'années et plus encore depuis l'élection d'Emmanuel Macron, la droite est poreuse à l'extrême droite en termes d'idées et de militants, mais aussi de cadres. Gérard Larcher tente de maintenir un mur entre les LR et le RN. Mais la ligne qu'il porte n'est plus rassembleuse parmi les élus."

Alors qu'Eric Zemmour semble accélerer et qu'un sondage le crédite de 7% d'intentions de vote pour le premier tour, à droite, on fait mine de toujours douter de sa candidature. "Ce n'est pas la première fois qu'on a quelques mois avant la présidentielle une candidature très à droite. Je ne suis pas convaincu qu'il ira au bout de sa démarche", estime auprès de BFMTV.com le sénateur LR Roger Karoutchi.

La sortie de La France n'a pas dit son dernier mot, le dernier ouvrage du polémiste, le 16 septembre, probablement suivie d'un meeting deux jours plus tard, pourrait servir de rampe de lancement officiel à sa campagne.

Article original publié sur BFMTV.com

Notre objectif est de créer un endroit sûr et engageant pour que les utilisateurs communiquent entre eux en fonction de leurs centres d’intérêt et de leurs passions. Afin d'améliorer l’expérience dans notre communauté, nous suspendons temporairement les commentaires d'articles