Présidentielle: à J-4 du second tour

Anne Pascale REBOUL
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Un homme passe devant les affiches de campagne des deux candidats à la présidentielle, Marine Le Pen et Emmanuel Macron, le 21 avril 2017, à Lyon

Paris (AFP) - A quatre jours du second tour de l'élection présidentielle, le débat télévisé mercredi soir entre les deux finalistes monopolise l'attention. Les soutiens continuent d'affluer pour Emmanuel Macron, tandis que Marine Le Pen évolue sur certains points de son programme dont la retraite à 60 ans.

- L'heure du grand débat

Très attendu et inédit avec le FN, le face-à-face entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen, à partir de 21H00 sur TF1 et France 2, s'annonce sous haute tension pendant plus de deux heures.

Le candidat d'En Marche! et sa rivale du Front national s'y sont préparés toute la journée, affûtant répliques et arguments, sur 12 thèmes pré-sélectionnés (impôts, pouvoir d'achat, sécurité, terrorisme, Europe, société, santé, école, questions internationales...). Dernier réglage d'image: des "plans de coupe", interdits lors des précédents débats de ce type, seront, finalement, possibles.

François Hollande, qui a pointé le caractère "très particulier" d'un "premier débat entre un candidat qui représente l'ensemble de la République et une candidate d'extrême droite", a déclaré attendre qu'il "montre que ce n'est pas seulement deux personnalités, deux projets mais deux conceptions de la France, de l'Europe et du monde".

- La retraite à 60 ans version Le Pen repoussée?

La retraite à 60 ans avec 40 annuités de cotisations nécessitera "le retour à l'emploi" pour la rendre effective "probablement à la fin du quinquennat", a déclaré Marine Le Pen mardi soir. La candidate FN prévoyait jusqu'alors cette réforme presque immédiate.

"Sortie de l'? (euro, ndlr), retraite à 60 ans... C'est la valse-hésitation au FN", a tweeté mercredi l'ancien Premier ministre Alain Juppé (LR), jugeant que la candidate "se renie" avec "cynisme".

- Hamon: Macron du bout des lèvres

"L'acte sera difficile, mais le choix évident": l'ex-candidat socialiste défait à la présidentielle Benoît Hamon a réaffirmé qu'il voterait pour Emmanuel Macron au second tour.

Il a appelé ses électeurs à faire de même, malgré la campagne "dangereusement maladroite" et "arrogante" du candidat En marche!.

- La France Insoumise pas dans le "ni-ni", ni dans le "sacre de Macron"

"Ce qui nous rassemble tous: pas une voix pour le Front national" et il ne faut pas dire que "notre position c'est le ni-ni car ça participe à aider Marine Le Pen", selon le porte-parole de Jean-Luc Mélenchon, Alexis Corbière.

A ses yeux, les adhérents de La France Insoumise, qui ont aux deux-tiers déclaré qu'ils voteraient blanc ou s'abstiendraient sur 243.000 votants, "n?ont pas envie de sacrer M. Macron", favori des sondages.

- Dupont-Aignan et les "idiots utiles du système"

Nicolas Dupont-Aignan, député-maire de Yerres (Essonne), où plusieurs centaines de personnes ont défilé pour protester contre son alliance avec Marine Le Pen, persiste et signe dans son choix.

"Tous ces gauchistes qui viennent en bus protester devant ma mairie feraient mieux de protester contre M. Macron, qui va leur faire une loi Travail bis. Ce sont les idiots utiles du système", considère le président de Debout la France et ancien prétendant à l'Elysée.

- Des cinéastes, sportifs ou cégétistes contre le FN

Bertrand Tavernier, Cédric Klapisch et Jacques Audiard figurent parmi la centaine de cinéastes français à avoir signé une tribune contre le FN, synonyme de "censure" pour la culture.

Le footballeur Blaise Matuidi ou les champions olympiques Yannick Agnel, Lucie Decosse, Laura Flessel et David Douillet, ainsi qu'une soixantaine de sportifs, ont appelé à voter Macron "pour que le sport demeure un espace de liberté, d?égalité et de fraternité".

Quelque 42 personnalités, hauts fonctionnaires, chefs d'entreprise et hommes politiques ont appelé à "voter Emmanuel Macron pour battre le Front national et renforcer la social-démocratie". Et une trentaine d'élus, militants et secrétaires nationaux de la CGT ont appelé à glisser le même bulletin "au titre de l'antifascisme".

Pour sa part, le président de la Conférence des évêques de France, Mgr Georges Pontier, a estimé que "le rôle de l'Eglise est, plus que jamais, de ne pas prendre parti pour l'un ou l'autre candidat".

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