Présidentielle: à deux jours du second tour, les Républicains se déchirent aux yeux de tous

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Au siège du parti Les Républicains (LR), le 19 octobre 2021, à Paris - Ludovic MARIN © 2019 AFP
Au siège du parti Les Républicains (LR), le 19 octobre 2021, à Paris - Ludovic MARIN © 2019 AFP

Chez Les Républicains (LR), le linge sale se lave en public. À deux jours du second tour de l'élection présidentielle, les tensions qui électrisent le parti s'affichent aux yeux de tous. Dernier événement en date, l'échange - particulièrement houleux - qui a eu lieu ce vendredi sur Twitter entre Daniel Fasquelle, maire du Touquet et trésorier national de LR, et Aurélien Pradié, député du Lot et secrétaire général du parti.

"Trésorier du comité de la lèche"

C'est Daniel Fasquelle qui a lancé le premier les hostilités, indiquant dans un message publié à 8h44 qu'en plus de voter pour Emmanuel Macron dimanche, il lui apporte dès à présent son soutien, "préalable à un rassemblement autour d'un projet ambitieux pour la France et l'Europe". Une position qui a visiblement plus qu'échaudé Aurélien Pradié.

Citant un tweet d'un confrère de Libération qui soulignait la ressemblance visuelle entre le communiqué de Daniel Fasquelle et le programme d'Emmanuel Macron, l'élu du Lot a invité le trésorier national de son parti à rejoindre le "comité de la lèche à Emmanuel Macron".

"S'il reste un peu d'énergie à Daniel Fasquelle, il pourra devenir trésorier du comité de la lèche à Emmanuel Macron. Pour ce qui nous concerne, nous trouverons des femmes et des hommes solides pour rebâtir une droite indépendante. Pour servir les Français et la France populaire", fustige-t-il.

"S'il reste un peu de courage à Aurélien Pradier (sic) qu'il m'appelle plutôt que de m'insulter sur les réseaux sociaux", s'est ému dans les réponses le maire du Touquet. "Non. Pas envie. Désolé", lui a sèchement répliqué Aurélien Pradié.

Le député LR du Vaucluse Julien Aubert a de son côté demandé implicitement le renvoi de Daniel Fasquelle. "Les candidats Les Républicains aux législatives qui s'engagent dans une coalition de soutien à Emmanuel Macron doivent être débarqués immédiatement et des candidats LR investis contre eux. Halte à cette ambivalence hypocrite, qui prend nos électeurs pour des imbéciles", a-t-il indiqué, un peu plus d'une heure après la fracassante annonce du maire du Touquet.

Prise de position claire pour certain, ambigüe pour d'autres

Cette dernière passe d'armes illustre les deux lignes qui s'affrontent au sein du parti historique de droite, exacerbées par la défaite de leur candidate lors du premier tour de l'élection présidentielle, ne dépassant pas la barre symbolique des 5%.

Ainsi, le 10 avril, deux minutes à peine après l'annonce officielle des résultats, le député LR Guillaume Larrivé indiquait: "le meilleur pour diriger notre pays, désormais, c'est Emmanuel Macron. Le Président à l'expérience de l'État et des crises".

Nouveau coup de massue le 12 avril. Une des figures tutélaires du parti, l'ancien président Nicolas Sarkozy, déclarait qu'il votera pour Emmanuel Macron, et laisse entendre la nécessité d'un accord avec LaREM pour la survie de LR. "Une nouvelle époque s'annonce. Elle nécessitera des changements profonds. Il faudra sortir des habitudes et des réflexes partisans. (...) Il est, en l'état actuel des choses, le seul en situation d'agir".

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Damien Abad, le patron des LR à l'Assemblée, serait-il le dernier à être tombé du côté de la macronie? C'est d'abord l'affiche de lancement de sa campagne pour les législatives de juin, omettant toute référence à son parti, qui a fait réagir.

"Un signe de plus qui montre que cette opposition d'opérette rejoindra le parti de Macron prochainement", n'a pas manqué de raillé Thierry Mariani, proche de Marine Le Pen aujourd'hui, membre de LR avant.

Semant un peu plus l'ambiguïté sur sa position, le député Abad a déclaré sur Twitter mercredi à l'issue du débat d'entre-deux-tours: "À ceux qui en doutaient encore, le débat démontre ce soir une différence claire de niveau et de valeurs entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen. Oui, dimanche je voterai pour le Président de la république. Sans aucune abstention, sans aucune hésitation".

Enfin, le maire LR de Saint-Étienne Gaël Perdriau a, toujours sur Twitter, décrit la ligne actuellement défendue par son parti comme "mauvaise et mortifère", et d'évoquer un "pacte de gouvernement", "entre 2022 et 2027".

Un ralliement rejeté en conseil stratégique

Des positions qui tranchent avec d'autres poids lourds du parti, qui n'ont pas appelé à voter pour Emmanuel Macron au second tour - foulant au pied le traditionnel "barrage républicain" - à l'image d'Éric Ciotti ou Bruno Retailleau. Ce dernier s'était d'ailleurs illustré le 11 avril en s'en prenant à l'un de ses collègues sur Twitter, le sénateur de l'Hérault Jean-Pierre Grand, accusé de macronisme.

Au niveau de l'état-major de LR, on a en tout cas adopté une position claire. Comme l'indique Le Monde, réunis en conseil stratégique mercredi, les ténors du mouvement ont écarté une bonne fois pour toute l'idée d'une alliance avec la macronie. Faisant fi des sensibilités qui s'expriment depuis quelques jours.

Article original publié sur BFMTV.com

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