Le président Volodymyr Zelensky sur le front dans l'est de l'Ukraine

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Le président ukrainien Volodymyr Zelensky s'est rendu, jeudi, sur la ligne de front du conflit avec les séparatistes prorusses. Ce déplacement est intervenu alors que Kiev accuse Moscou de masser des troupes à la frontière et les séparatistes de provoquer des incidents armés meurtriers quasi-quotidiens.

La situation continue de se tendre dans l'est de l'Ukraine. Le président, Volodymyr Zelensky, s'est rendu jeudi 8 avril sur la ligne de front du conflit avec les séparatistes prorusses. Les heurts armés s'y multiplient depuis plusieurs semaines sur fond de tensions accrues avec Moscou.

Le chef de l'État ukrainien a revêtu treillis militaire, gilet pare-balles et masque anti-Covid-19 pour passer en revue des troupes dans les tranchées de la région de Lougansk, théâtre de récents affrontements, selon des images et un communiqué diffusés par la présidence ukrainienne.

"Il y a une détérioration de la situation dans le Donbass", a-t-il déclaré, déplorant que "des tireurs d'élite tirent sur nos gars" et assurant que "l'armée ripostait" à ces attaques. "C'est un honneur pour moi d'être là", a ajouté le dirigeant, qui a remis des médailles à des soldats et salué "l'héroïsme" de ceux qui "protègent les frontières de l'Ukraine".

"En tant que commandant en chef suprême, je veux être avec nos soldats dans les moments difficiles" et "aller sur les lieux de l'escalade", avait écrit Volodymyr Zelensky sur Twitter, peu après que la présidence a annoncé un déplacement sur des positions où des militaires ukrainiens "ont été tués et blessés" récemment.

Ce déplacement est intervenu alors que Kiev accuse Moscou de masser de troupes à la frontières et les séparatistes de provoquer des incidents armés meurtriers quasi-quotidiens.

Jeudi encore, un militaire ukrainien a succombé à ses blessures, portant à 25 le nombre de soldats tués depuis le début de l'année, selon le ministère de la Défense. En 2020, l'Ukraine a perdu 50 militaires sur la ligne de front, selon la présidence. La multiplication des affrontements cette année avec les séparatistes prorusses fait pourtant suite à une trêve record largement respectée durant la deuxième moitié de 2020.

Vladimir Poutine et Angela Merkel "inquiets"

Ces tensions ont été évoquées lors de l'entretien téléphonique entre Vladimir Poutine et Angela Merkel, dont le pays est avec la France co-parrain du processus de paix dans la région.

Angela Merkel lui "a demandé de réduire la présence militaire russe dans l'est de l'Ukraine" pour permettre une désescalade, alors que Moscou affirme que ses mouvements de troupes n'ont rien de menaçant. Pour Vladimir Poutine, c'est à l'inverse Kiev qui orchestre des "provocations" afin "d'aggraver volontairement la situation" sur le front.

Le représentant de Moscou dans les négociations de paix, Dmitri Kozak, a prévenu que la Russie pourrait "venir à la défense" des séparatistes en cas d'opération militaire ukrainienne d'envergure, évoquant la protection de la population locale à laquelle Moscou a distribué des passeports russes.

Il a en outre estimé que l'entrée de l'Ukraine dans l'Otan "sera le début de l'effondrement" du pays, réagissant à la demande de Kiev d'accélérer son accession à l'organisation pour adresser un "signal" à Moscou.

"L'Otan, c'est la seule voie vers la fin de la guerre"

Malgré ces tensions, Dimitri Kozak a annoncé des pourparlers entre Kiev, Moscou, Berlin et Paris au niveau de conseillers politiques le 19 avril.

Le Pentagone a aussi annoncé la semaine dernière que les forces américaines en Europe avaient relevé leur niveau d'alerte à la suite des "récentes escalades de l'agression russe dans l'est de l'Ukraine". Et le président Joe Biden a assuré Volodymyr Zelensky de son soutien "indéfectible".

La guerre dans le Donbass a commencé en avril 2014, peu après l'annexion par Moscou de la péninsule ukrainienne de Crimée, dans la foulée d'une révolution pro-occidentale en Ukraine.

Ce conflit a fait, depuis, plus de 13 000 morts et près d'1,5 million de déplacés. L'intensité des combats a largement baissé après des accords de paix de Minsk conclus début 2015, mais le processus politique n'avance guère depuis.

Avec AFP