Le président de la fédération des chasseurs propose de "piéger les chats à plus de 300 mètres des habitations"

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Piégeage de chats: le président des chasseurs se défend de "vouloir tuer les chats"

"Le chat est en train de détruire la biodiversité". Au cours d'un live du site Chassons.com le 4 mai dernier, Willy Schraen, président de la Fédération nationale des Chasseurs (FNC), a évoqué un "problème avec les chats", pour lesquels il allait "falloir trouver une solution". Il évoque la possibilité de mettre en place des piégeages à 300 mètres des habitations pour ces félins.

"Le problème du chat c'est que c'est un animal extrêmement chasseur, c'est dans ses gênes, il chasse tout le temps", explique Willy Schraen (l'extrait commence à 53 minutes, ndlr). "Le chat tue bien bien plus d'animaux que les chasseurs, c'est même pas à comparer".

"Protéger la petite faune sauvage"

Ce n'est pas la première fois que l'impact du chat sur la biodiversité est pointée du doigt. La ligue de Protection des Oiseaux (LPO), que l'on retrouve habituellement en opposition avec la FNC, appelle de son côté à "responsabiliser les propriétaires de chats pour mieux protéger la petite faune sauvage". "En 2017, plus de 11% des animaux accueillis en centres de sauvegarde LPO furent des animaux blessés par des chats: 84% sont des oiseaux, 16% sont des mammifères ou des reptiles", explique la LPO.

"Il ramène une souris de temps en temps, des fois un rat, mais entre temps il a ramené un petit lièvre, trois petits perdreaux, une petite poule d'eau... Ça n'arrête jamais et ça c'est le problème du chat", martèle Willy Schraen. "Je veux que la ruralité et la biodiversité se portent bien, et aujourd'hui dans cet équilibre on a un problème chat. Il y a trop de chats".

Selon le président de la FNC, dans d'autres pays comme l'Australie, "aujourd'hui vous devez clôturer votre jardin comme une cage pour ne pas laisser sortir votre chat, et si votre chat sort, vous avez un PV". Dans ce pays, il existe même une "déclaration nationale des chats sauvages comme parasites". Car les chats sauvages "menacent la survie de plus de 100 espèces indigènes en Australie", explique le gouvernement australien, qui tente de contrôler cette population, notamment en en tuant une partie.

Comment limiter l'impact nocif sur la biodiversité

Afin de limiter l'impact nocif des chats sur la biodiversité, Willy Schraen propose par exemple "le piégeage du chat à plus de 300 mètres de toutes habitations ce serait une bonne chose". L'idée serait plutôt de viser les chats sauvages, qui se reproduisent car non stérilisés, et qui chassent davantage car ils n'ont pas de nourriture tous les jours comme les chats domestiques.

Contacté par BFMTV.com, Nicolas Rivet directeur de la FNC précise ce que signifie le terme "piégeage": "C'est juste de la capture, l'objectif ce serait juste d'attraper les chats. On les appâte et ils rentrent dans une cage grillagée". Il explique que cette technique est d'ailleurs déjà utilisée par exemple avec les sangliers en zones périurbaines, ils sont ensuite relâchés plus loin en forêt. Dans le cas des chats, "les mairies pourraient ensuite remettre les animaux pris à la fourrière ou la SPA", évoque Nicolas Rivet.

La LPO prodigue elle plusieurs conseils pour les chats domestiques: les stériliser afin "d'éviter les naissances non souhaitées, les abandons et donc l’augmentation de la population de chats errants", mais aussi leur "laisser un libre accès à une alimentation variée, ne pas les laisser sortir au petit matin ou à la tombée de la nuit".

Afin de préserver la faune dans les jardins, "différents dispositifs existent, soit pour éloigner le chat (répulsif maison, plante répulsive…) ou pour l'empêcher d’accéder aux zones sensibles ou à un arbre (grille stop chat, stop minou…)", précise encore la LPO.


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Article original publié sur BFMTV.com