Le président colombien est rentré de Paris avec 76 objets archéologiques à bord de son avion

PHOTO LUDOVIC MARIN/AFP

“Le retour de 350 pièces archéologiques qui montre la spoliation de la Colombie”, titre El País América. “Avec le vol du président depuis Paris, ce dimanche [13 novembre], sont revenues 76 pièces précolombiennes qui ont été récupérées, explique la déclinaison latino-américaine du journal espagnol. 274 objets avaient déjà été rapportés des États-Unis. L’avion présidentiel servira à en rapatrier 300 autres qui se trouvent dans des ambassades.”

Il s’agit d’objets archéologiques “qui sont sortis du pays illégalement il y a des décennies et qui, bien qu’ayant été récupérés par l’État, sont restés entreposés dans des ambassades du monde entier”.

“Nous avons constaté que l’Institut colombien d’anthropologie et d’histoire n’avait pas les moyens de payer les assurances et de les faire revenir par des vols commerciaux, explique au journal la vice-ministre des Affaires multilatérales, Laura Gil. D’un autre côté, le précédent président [Iván Duque, droite] n’avait pas voulu prêter l’avion présidentiel pour le faire.”

“Nous avons pris la décision d’utiliser l’avion à chaque voyage du président et nous en avons déjà rapporté la moitié (des objets), il ne fallait que la volonté politique.”

Un trafic historique et abondant

Parmi les pièces rapportées de Paris par le président de gauche Gustavo Petro, figurent un masque d’or, des statues ou encore des pots anthropomorphiques de différentes cultures. “Le trafic illégal du patrimoine archéologique de la Colombie est historique”, rappelle El País América. Et pas forcément ancien : “Entre 2001 et 2010, 7 812 objets précolombiens ont disparu du pays. Certains biens culturels ont été volés par des trafiquants et des touristes. D’autres se trouvent dans les musées du monde entier, où ils sont parvenus à l’époque où leur sortie du pays n’était pas considérée comme illégale.”

Les objets rapportés de Paris, où avait lieu le Forum de Paris sur la paix, se trouvaient à La Haye, à Berne et à Paris, la France ayant été “l’une des destinations” des objets dérobés. Lors de son dernier déplacement à New York, pour l’Assemblée générale des Nations unies fin septembre, le président avait rapporté avec lui près de 300 pièces.

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