Président après président, le fort de Brégançon en 8 anecdotes

Brégançon reste l'une des dernières résidences des présidents français. - -
Brégançon reste l'une des dernières résidences des présidents français. - -

Après une année mouvementée, entre guerre en Ukraine, présidence de l'Union européenne, élection présidentielle, bien sûr, et nouveau gouvernement, Emmanuel Macron vient de prendre ses congés d'été à Brégançon. Le président met ses pas dans ceux de ses prédécesseurs alors que tous les locataires de l'Élysée y ont séjourné avant lui. BFMTV.com vous raconte l'histoire de chaque président dans cette résidence officielle d'été des chefs d'État français.

• De Gaulle: moustiques et nuit cauchemardesque

C'est Charles de Gaulle, qui dort pour la première fois au fort de Brégançon, cette demeure bourgeoise construite autour d'un jardin biscornu, entre oliviers, cyprès et mimosas, en 1964. En déplacement pour les commémorations du débarquement en Provence, tous les hôtels sont alors complets. Dans l'urgence, la préfecture du Var lui propose alors de dormir dans cette ancienne propriété du ministère de la Défense.

La nuit tourne au calvaire pour le Général, entre le lit jugé trop petit pour son 1,92m et les moustiques... Mais tout en appréciant la superbe vue sur la Méditerranée. De quoi le pousser à en faire une résidence présidentielle en 1968. Il n'y remet cependant jamais les pieds. En cause: les choix de son épouse, peu adepte de la Côte d'Azur, qui préfère le calme du manoir de Colombey en Haute-Marne, comme l'avance RMC.

• Pompidou: meubles design et journalistes qui campent sur la plage

Grand amateur de la Méditerranée, Georges Pompidou, une fois à l'Élysée en 1969 prend très vite ses habitudes à Brégançon. Il faut dire que Charles de Gaulle avait interdit à son Premier ministre de prendre ses vacances d'été à Saint-Tropez où il avait pourtant ses habitudes. Autant dire qu'une résidence à quelques encablures du Golfe a tout du rêve pour le couple présidentiel.

Passionnée de design tout comme son époux, Claude Pompidou redécore le fort en se faisant livrer du mobilier Pierre Paulin qui compte notamment des tables en plexiglas et des fauteuils en cuir blanc. Les Pompidou guettent alors la réaction de leurs invités devant ces choix, très originaux pour l'époque, avant de finalement lancer le même style à la présidence.

Faute de chambre à Bormes-les-Mimosas, le village de la résidence, les journalistes et les photographes sont contraints de dormir sur la plage pour ce premier été, comme le rapporte alors Le Figaro, preuve de l'engouement des Français pour le récit estival du couple Pompidou.

• Giscard d'Estaing: style Louis XIV, plage privée et prof de tennis

À son arrivée au fort de Brégançon, Valéry Giscard d'Estaing fait table rase de l'héritage de son prédécesseur en remplaçant tous les meubles par du style Louis XIV et Louis XV. Adepte des bains de soleil, le président profite de la plage du fort pour multiplier les baignades. Problème: il la trouve trop exposée au regard des curieux et décide donc d'en faire construire une autre, creusée dans les rochers à l'arrière du fort comme le raconte Le Point. La brasse doit cependant se mériter: il faut ainsi descendre 200 marches pour l'atteindre.

Mais ce n'est pas la promenade jusqu'à la mer qui a laissé un mauvais souvenir à Jacques Chirac, alors Premier ministre. Invité par le couple présidentiel à passer un week-end à Brégançon, il n'a guère goûté se retrouver à table, aux côtés de son professeur de tennis. Une humiliation, juge alors le locataire de Matignon qui pose quelques semaines plus tard sa démission sur le bureau du président.

• Mitterrand: pyjama et Helmut Kohl

François Mitterrand ne réside qu'une seule fois à Brégançon à l'été 1985. Il préfère Gordes dans le Vaucluse ou Latché dans les Landes, ce qui ne l'empêche pas d'y organiser des rencontres de travail comme avec des syndicats lors d'une grève SNCF en 1987 ou encore avec le premier ministre irlandais Garret Fitzgerald et le chancelier allemand Helmut Kohl.

Le seul été qu'il y passe donne lieu à une drôle de scène. Convié par le Président, François Léotard, alors maire de Fréjus, a la surprise de tomber sur François Mitterrand en pyjama et chaussons aux pieds. Il faut dire que l'aménagement de Brégançon, bâti au 18ème siècle, n'est pas simple et que les pièces communiquent entre elles, sans que les occupants ne s'en rendent forcément compte, détaille Paris Match.

• Chirac : ennui et cliché intime

Jacques Chirac a beau y passer plusieurs semaines chaque été, il confie à plusieurs reprises qu'il "s'emmerde" au fort de Brégançon. D'où les bains de foule qu'il adore à l'heure de l'apéritif en se promenant sur la place du village et des heures de jeu avec son petit-fils Martin.

Mais ce n'est pas ce que retient Paris Match des vacances d'été du président. En 2001, le Corrézien est immortalisé nu à la fenêtre de sa chambre par des paparazzis en embuscade. Ces photos, en possession du magazine, ne sont jamais publiées. Le chef de l'État regarde alors avec des jumelles le yacht du champion de Formule 1 Michael Schumacher, installé à quelques encablures du fort, au grand dam des services de sécurité de la présidence.

• Sarkozy: gâteau d'anniversaire et bouquet de fleurs

Nicolas Sarkozy, lui, se rend au fort de Brégançon juste après son élection, le 18 mai 2007, avec son ex-épouse Cécilia Sarkozy. Mais il n'y revient que trois ans plus tard pour un séminaire de rentrée, ayant bien plus de goût pour la résidence au Cap-Nègre de sa nouvelle femme Carla Bruni, ce qui ne l'empêche pas de passer régulièrement à vélo devant la propriété, à seulement quelques kilomètres.

Ce qui donnera l'opportunité à une petite fille de lui offrir un carton d'invitation pour fêter son anniversaire. Le président ne répond pas favorablement à l'invitation mais lui offre un bouquet de fleurs. L'année suivante, la fillette retente sa chance, avec succès cette fois-ci, le président déboulant par surprise pour déguster un bout de gâteau, d'après des photos de Nice-Matin.

• Hollande: photos volées et coussins espagnols

François Hollande n'a pas non plus grande appétence pour la demeure présidentielle. "Président normal", il s'y rend même en TGV au milieu des autres vacanciers. Elle lui laisse même de très mauvais souvenirs après la publication de photographies de lui en maillot de bain avec sa compagne d'alors, Valérie Trierweiler, considérées comme peu flatteuses.

Il fait même ouvrir la résidence au public en 2014. La manœuvre vise aussi à faire oublier une polémique dont se serait bien passé l'élu. Selon Le Canard Enchaîné, François Hollande s'est fait livrer quatorze cartons remplis de coussins d'une marque espagnole, Kettal, à 200 euros l'unité.

• Macron: habitude et piscine

Emmanuel Macron, loin de ses deux prédécesseurs, apprécie ses vacances au fort de Brégançon où il multiplie les virées en jet ski, son "joujou préféré" d'après Brigitte Macron, et les balades à la recherche de coquillages avec ses enfants et petits-enfants.

Le couple présidentiel se fait cependant épingler en 2018 en faisant creuser une piscine hors-sol dans le jardin du fort. Son prix - 34.000 euros - est "financée par les recettes de la boutique de souvenirs du fort", annonce alors la communication de la présidence. Problème: c'est finalement le budget de rénovation du fort de Brégançon qui l'absorbe dans son enveloppe annuelle de 150.000 euros.

Pour ne rien arranger, Emmanuel Macron confie à l’époque ne pas en profiter. "Ne dites pas que je vais à la mer, sinon je vais me faire repérer. Je n'aime pas les piscines, je préfère mille fois la mer, elle est bonne, c'est magnifique", rapporte ainsi Sud-Ouest. La polémique marque d'autant plus les esprits alors qu'Emmanuel Macron est souvent considéré comme "le président des riches".

Article original publié sur BFMTV.com

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