Présidence de l'UE : la Suède prête à stimuler le programme nucléaire européen

Présidence de l'UE : la Suède prête à stimuler le programme nucléaire européen

La Suède a pris la présidence du Conseil de l'Union européenne. Son influence politique est au cœur de ce nouveau numéro de "State of the Union", l'émission qui retrace les grands faits d'actualité européenne de la semaine. Pour en parler, la journaliste Isabel Marques da Silva a interviewé Göran von Sydow, directeur de l'Institut suédois d'études de politique européenne.

La traditionnelle première réunion avec la Commission européenne aura lieu, la semaine prochaine, dans une ville située dans la région arctique. Quelle sera l'orientation de la Suède en matière de lutte contre le changement climatique et de promotion de la révolution verte ?

Göran von Sydow : Je pense que l'un des éléments, l'un des aspects du choix du lieu de cette réunion dans le grand nord, dans la ville de Kiruna, est que la Suède explique et montre un peu les innovations vertes qui ont lieu actuellement dans le nord de la Suède. En ce sens, il s'agit d'une vitrine du changement industriel vert que la Suède souhaite montrer au reste de l'Europe.

Les Etats-Unis vont accorder des subventions massives à des industries importantes. La Suède pourrait-elle soutenir les propositions de la Commission européenne concernant une plus grande flexibilité dans l'utilisation des aides d'État, ou même la création d'un fonds de souveraineté européen commun, avec une dette commune ?

Göran von Sydow : Le point de départ de la Suède dans ce domaine est que nous devons nous en tenir aux règles relatives aux aides d'État. Nous ne devrions pas évoluer vers un paradigme économique plus interventionniste. Mais bien sûr, c'est un peu difficile étant donné la réponse que de nombreux acteurs défendent maintenant, à savoir une réponse qui reflète la loi américaine sur la réduction de l'inflation et les politiques qui y sont incluses. Pour la Suède, il s'agira donc de naviguer un peu, d'essayer de rapprocher l'ordre du jour de ce qui serait les préoccupations traditionnelles de la Suède.

Une plus grande autonomie énergétique dans l'UE était au centre de la rencontre entre les dirigeants suédois et français, cette semaine. Que pouvons-nous attendre de la présidence suédoise en termes de refonte du marché de l'énergie de l'UE ?

Göran von Sydow : Je pense que le nouveau gouvernement suédois a poussé très fort le programme nucléaire à redémarrer et à se concentrer sur ce type de ressources énergétiques en Suède, et il aimerait également stimuler cela au niveau européen. Je pense donc qu'il s'agit d'un changement dans la politique suédoise, mais je pense que cela reflète également une préoccupation plus large en Europe, qui cherche à savoir comment trouver des sources d'énergie non fossiles et produites en Europe. Pour que l'Europe soit moins dépendante des acteurs extérieurs en matière d'approvisionnement énergétique.

La présidente du Parlement européen a souligné qu'elle attendait des avancées dans le pacte européen sur les migrations et l'asile. La Suède peut-elle y parvenir alors que son gouvernement dépend du soutien parlementaire de l'extrême-droite ?

Göran von Sydow : La migration est une question épineuse au sein de l'UE depuis près de dix ans maintenant, il est donc difficile de prévoir des avancées substantielles en ce qui concerne le pacte global sur les migrations. Mais étant donné qu'il y a également un sommet supplémentaire début février, je suppose qu'il y aura des avancées dans certains domaines de la politique migratoire de l'UE.