Présidence LR: Calmels menace d'attaquer le parti en justice si sa candidature n'est pas validée

Lundi dernier, la haute autorité des Républicains a publiquement invalidé la candidature de Virginie Calmels à la tête des LR, arguant qu'elle n'était pas à jour de cotisation en temps et en heure. Un argument que rejette farouchement la responsable politique, qui se réserve le droit de porter l'affaire en justice.

Virginie Calmels ne désarme pas. Sa candidature au processus de désignation à la présidence des Républicains a certes été publiquement invalidée lundi dernier par la haute autorité du parti, mais l'ex-première adjointe à la mairie de Bordeaux compte toujours y participer. Quitte, s'il le faut, à porter l'affaire devant les tribunaux pour faire valoir ce qu'elle estime être son bon droit. C'est ce qu'elle déclare dans le numéro du JDD ce dimanche, fustigeant une "manoeuvre grossière" visant à balayer sa ligne centriste au profit de positions plus droitière.

Et le bras-de-fer qui s'engage lance une nouvelle querelle parmi les Républicains, qui peut durer plusieurs semaines. Le premier tour de l'élection est prévu pour les 3 et 4 décembre prochains et la liste des candidats ne sera arrêtée qu'au 2 octobre. Pour le moment, ils sont trois à concourir: Éric Ciotti, Aurélien Pradié et Bruno Retailleau.

Calmels demande à la haute autorité de "reconnaître ses erreurs"

Au cours de l'entretien qu'elle a accordé à l'hebdomadaire dominical, Virginie Calmels fulmine: "Je lui laisse le temps (à la haute autorité, NDLR) de se ressaisir et de reconnaître ses erreurs afin de valider ma candidature." Dans le cas contraire, elle se "réserve le droit d'ester en justice".

Au coeur du litige qui l'oppose aux instances de sa famille politique, il y a d'abord une question de cotisation et de chronologie. Elle souligne ainsi que la haute autorité a contré son annonce de candidature - le 23 août - dès le 27 août par courrier, avant que la décision soit diffusée deux jours plus tard. Selon la haute autorité, l'ex-patronne du groupe Endemol n'était pas à jour de cotisation au 22 juillet dernier, une lacune rendant sa candidature irrecevable. Or, Virginie Calmels conteste l'argument autant que le procédé.

Le dossier dans les mains de son avocat

Elle assure ainsi qu'elle a renouvelé sa contribution au 1er novembre 2021, prolongeant son appartenance à sa formation jusqu'au 31 octobre prochain. "Pour les besoins de la cause, ils n’hésitent pas à changer les règles et soutenir que seuls ceux qui ont payé au premier semestre 2022 sont à jour de cotisation", accuse-t-elle.

Avant de se tourner éventuellement vers la justice, elle a déjà chargé son avocat du dossier. "Mon avocat a immédiatement répondu à la haute autorité du parti par une lettre de trois pages démontrant la validité de ma candidature", précise-t-elle, déplorant le silence qu'on lui a opposé: "La haute autorité n’a pas cru bon à ce jour de répondre sur le fond à l’argumentation juridique détaillée de mon avocat, preuve qu’elle est incapable de contester nos arguments."

L'objectif? "Mettre Laurent Wauquiez en orbite"

"Le parti a bien besoin d’être assaini de ces tristes manigances", juge-t-elle. "Manigances" qui serviraient d'après la Girondine un but politique transparent: exclure des débats la ligne libérale et centriste qu'elle incarne pour favoriser un discours plus à droite. "Au-delà de mon cas particulier, l’objectif de la manœuvre est clair: il s’agit de priver de leurs droits les très nombreux adhérents qui étaient mobilisés pour la primaire de 2021, gagnée par Valérie Pécresse", lance-t-elle.

Celle qui fut la vice-présidente de Laurent Wauquiez en 2017 avant d'être limogée quelques mois plus tard sur fond de divergences idéologiques dénonce encore un "bidouillage" et des "maneouvres grossières" avant d'enchaîner:

"Il me semble que qu’un scénario bien huilé était écrit d’avance, consistant à installer Eric Ciotti à la présidence du parti afin de mettre Laurent Wauquiez en orbite pour 2027."

Et au moment de désavouer la doctrine endossée par son adversaire, Virginie Calmels frappe fort, évoquant une "ligne excluante très droitière et mortifère". "Je ne veux pas que LR devienne un clan et finisse en supplétif de Zemmour ou de Marine Le Pen", insiste-t-elle.

Article original publié sur BFMTV.com

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