Présidence des LR: après avoir défendu l'uniforme à l'université, Aurélien Pradié rétropédale

Aurélien Pradié - AFP
Aurélien Pradié - AFP

Des propos qui ont tout l'air d'une reculade à quelques jours de la désignation du futur président des Républicains. Après avoir proposé lundi soir le port de l'uniforme à l'université, Aurélien Pradié, candidat pour prendre la tête du parti, a fait l'unanimité contre lui dans son propre camp.

"Il faut demain que la loi laisse la liberté aux universités, si elles le veulent, de fixer des tenues, je ne dis pas uniforme, mais d'avoir un vêtement d'appartenance", se justifie désormais le député du Lot ce mercredi matin sur Europe 1.

"On aurait sans doute des réactions dans les amphithéâtres"

Le trentenaire était beaucoup plus affirmatif lundi soir lors d'un débat télévisé sur LCI face à ses concurrents Éric Ciotti et Bruno Retailleau, appelant à dire "oui à l'uniforme à l'université".

"Je considère que le voile porté par les femmes (...) dans nos collèges, nos lycées ou nos universités n'est pas un signe d'émancipation", avait encore le parlementaire.

De quoi étonner alors que cette proposition n'apparaissait jusqu'ici nulle part dans sa profession de foi ou son projet. Ses adversaires ne sont pas privés de pointer l'incohérence de la mesure.

"L'uniforme doit être appliqué jusqu'au lycée. Pour un adulte à l’université, je ne suis pas certain que ce soit admis. On aurait sans doute des réactions dans les amphithéâtres", avait jugé Éric Ciotti.

"La tenue unique, ça peut aussi consister à ne pas avoir de signe religieux"

Même son de cloche du côté de Bruno Retailleau, le président du groupe LR au Sénat qui indiquait "douter des tenues uniformes à l’université", tout en croyant cette règle "applicable à l’école".

"J'ai toujours parlé de tenue unique, pas d'uniforme. La tenue unique, ça peut aussi consister en ne pas avoir de signe religieux. Je l'assume parce que je suis laïque et républicain", a encore expliqué Aurélien Pradié sur Europe 1.

Si le port d'une tenue unique dans les facultés semble très improbable, il permettrait de contourner la loi de 1905 qui n'interdit pas les signes religieux à l’université, qu’il s’agisse d’une croix, d’un voile, ou d’une kippa.

Alors que les marques liées aux religions sont interdites dans le secondaire depuis la loi de 2004, ce n'est pas le cas à l'université, les étudiants étant dans leur immense majorité des personnes de plus de 18 ans.

Article original publié sur BFMTV.com