"La présidence de la commission des finances doit revenir au RN": Larcher défend "le respect" pour les élus de Le Pen

Gérard Larcher et Emmanuel Macron au Congrès des maires à Paris le 18 novembre 2021 - LUDOVIC MARIN / AFP
Gérard Larcher et Emmanuel Macron au Congrès des maires à Paris le 18 novembre 2021 - LUDOVIC MARIN / AFP

Après l'échec aux législatives d'Emmanuel Macron, la droite veut pousser son avantage. Christian Jacob, reçu ce lundi à l'Élysée, a déjà fermé la porte à toute tentative d'union pour sauver le second quinquennat du président, refusant de "rentrer dans une logique de pacte". Gérard Larcher, lui, invite le chef de l'État à revoir son rapport avec le Parlement pour parvenir à sortir du blocage. À commencer par la répartition des postes au sein de la nouvelle Assemblée nationale.

"La pratique républicaine consiste à considérer tous les élus avec un principe d’égalité et de respect. Ensuite, il y a un règlement à l’Assemblée nationale qui dit que le président de la commission des finances doit être issu de l’opposition. Or, je constate que le RN est le premier groupe d’opposition. Donc, elle devrait lui revenir", juge ainsi le président du Sénat dans les colonnes du Parisien ce mardi matin.

"Dans l'opposition, indépendants"

Dotée de pouvoirs étendus, la présidence de la commission des finances est visée par la Nupes et le RN. Elle revient à un membre de l’opposition, élu par les députés qui y siègent. Le règlement de l’Assemblée a figé cette règle en 2009, consacrant une pratique souhaitée par Nicolas Sarkozy.

Il peut s’agir de n’importe quel groupe d’opposition et pas forcément de celui numériquement le plus important. Marine Le Pen a déjà fait savoir qu'elle comptait demander au nom de son groupe et de ses 89 députés la présidentielle.

S'il est très peu probable que les LR et leurs 60 députés en remportent la présidence, Gérard Larcher appelle les députés de droite à faire entendre leur propre partition.

"La ligne a été rappelée: dans l’opposition, indépendants, clairs et responsables. C’est l’attitude que (les élus de droite) auront à l’Assemblée (...). Nous allons être amenés à faire des propositions: sur le travail, le pouvoir d’achat, la sécurité, les questions migratoires, comme sur le retour indispensable à l’équilibre des finances publiques", avance encore le patron du Sénat auprès du quotidien.

"Un bilan politique résultat de la verticalité" de Macron

Pas question donc de partager la ligne de Catherine Vautrin, le présidente du Grand Reims, un temps pressentie pour Matignon ou encore l'ancien Premier ministre, Édouard Philippe qui appellent tous deux à une coalition entre les LR et le parti présidentiel.

En guise de justification, Gérard Larcher pointe du doigt la conception du pouvoir d'Emmanuel Macron.

"Nous avions fait le bilan économique et social d’Emmanuel Macron, nous avons maintenant son bilan politique: il est le résultat de la verticalité de sa gouvernance, sa conception des relations avec le Parlement, avec les corps intermédiaires, les élus locaux, le fait de n’avoir pas tiré les conséquences après le Grand Débat de la crise des Gilets jaunes", juge encore le président de la Chambre haute.

Beaucoup à droite ne voient pas l'intérêt d'accepter la main tendue d'Emmanuel Macron alors que le président ne pourra pas faire de nouveau mandat en 2027. D'autant plus qu'à quelques mois de la désignation du nouveau patron des LR, tout rapprochement avec le président pourrait être vu comme une trahison pour les militants.

Article original publié sur BFMTV.com

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