Préfecture du Puy-en Velay incendiée: Wauquiez mis en cause par un ancien préfet

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Le président LR de la région Auvergne-Rhône-Alpes Laurent Wauquiez visite l'usine de textile Chamatex, le 11 mai 2021 à Tarare (Rhône)

Le président LR de la région Auvergne-Rhône-Alpes Laurent Wauquiez a davantage joué le rôle de "pyromane" que celui de "pompier" dans l'incendie de la préfecture du Puy-en-Velay, en 2018 lors de l'acte III des "gilets jaunes", dénonce l’ancien préfet de la Haute-Loire Yves Rousset dans un livre.

Sollicité par l’AFP, Laurent Wauquiez s'est déclaré "triste de voir un homme habité à ce point par la rancœur".

Dans l'ouvrage intitulé "La préfecture est en feu !", l'ancien préfet revient sur les évènements du 1er décembre 2018, lorsque des projectiles enflammés de type cocktail Molotov avaient été lancés sur le bâtiment, déclenchant un incendie dans une annexe.

Dix-huit gendarmes et policiers avaient été blessés et le président Emmanuel Macron s'était rendu sur place trois jours après pour apporter son soutien au personnel, avant d'être chahuté à sa sortie par des manifestants.

"Ce qui m’a le plus outré dans cet épisode dramatique, c’est ce qu’ont subi les forces de police et de gendarmerie (...). Laurent Wauquiez, qui fait de la sécurité une de ses priorités, n’a jamais eu un seul mot pour leur témoigner sa compassion", commente le préfet, en poste de septembre 2017 à mars 2019.

Une "présentation fausse et caricaturale", selon l'entourage de M. Wauquiez, qui rappelle à l'AFP que ce dernier avait dénoncé une violence "inacceptable" et s’était rendu le lendemain au commissariat du Puy-en-Velay "en soutien aux fonctionnaires de police".

Yves Rousset esquisse dans son ouvrage un parallèle "toutes proportions gardées" entre l’incendie de la préfecture à l’intérieur de laquelle il se trouvait et l’invasion du Capitole par les soutiens de Donald Trump, à Washington, en janvier dernier.

Il écrit que "dans les deux cas" l'instigateur avait fini par "demander le retour au calme sans condamner les violences" commises. Il dépeint un Laurent Wauquiez "plus pyromane que pompier".

"S'il y a eu de tels débordements, avec un tel niveau de violence, c’est qu’il y avait une telle détestation de l’Etat entretenue depuis plusieurs mois, voire plusieurs années par les élus locaux serviles, clairement aux ordres du grand chef", explique à l'AFP l'ex-préfet de ce département dont l’ex-président des Républicains a fait son fief, dans les pas de son mentor centriste Jacques Barrot.

"D’autres observateurs ont déjà souligné l'irresponsabilité de celui qui avait organisé des rassemblements sous les fenêtres de la préfecture, vêtu lui-même d’un +gilet jaune+ le 24 novembre (2018, ndlr), ce qu’il a par la suite tenté de nier" avant que des photos soient publiées dans la presse locale, poursuit-il.

l'ex préfet dit avoir connu durant sa carrière "des différends avec des élus de droite et de gauche", mais "au niveau local ils respectaient l’Etat, sans coups-fourrés comme Laurent Wauquiez en fait", pointant les "propos erronés", "mensonges par omission" et tentatives d'intimidation de l'élu régional et de ses obligés.

"Comme il est un homme public et qu’il prétend à des hautes fonctions, cette facette de sa personnalité, je trouve que c’est mieux de la faire connaître. Mais je ne crois pas que l’homme se résume à cela", conclut l'ancien fonctionnaire.

Yves Rousset "n'a jamais aimé ni compris la Haute-Loire. Au lieu de s'interroger sur ce qu'il a pu manquer, il préfère attaquer tout le monde. Quel gâchis !", a encore répondu M. Wauquiez.

dm/ag/caz

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