Prédire les crises d’épilepsie grâce à un patch

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Des neurologues français étudient le lien entre cette hyperactivité neuronale soudaine et le rythme cardiaque. Leur objectif : développer un patch qui alerterait en cas de dysfonctionnement et permettrait au patient de se protéger pour éviter une chute.

Cet article est extrait du mensuel n°888 de Sciences et Avenir-La Recherche, daté février 2021.

Elle est imprévisible. Elle, c'est la crise d'épilepsie, une tempête électrique cérébrale. Soit la traduction encore mal comprise d'une hyperactivité soudaine d'un groupe de neurones qui se mettent brutalement à communiquer entre eux. Les scientifiques peinent toujours à décrypter ce dialogue qui produit une angoisse permanente chez 30 % des patients non soulagés par les traitements. Car il est impossible de prédire l'apparition des crises, nul ne sachant encore pourquoi telle région cérébrale s'emballe et propage son excitation au reste du cerveau. Face à tant d'inconnues, les spécialistes de la maladie ont ouvert une nouvelle voie de recherche : tenter de détecter ces dysfonctionnements, quelques minutes au plus tard avant qu'ils ne surviennent, pour que le patient ait le temps de se mettre dans un environnement sécurisé afin d'éviter la chute, parfois gravissime. C'est notamment la piste suivie par des neurologues d'un établissement unique en France, le centre médical de la Teppe, à Tain-l'Hermitage (Drôme), où ils étudient particulièrement le lien entre ces crises et le rythme cardiaque. Leur objectif est de parvenir à mettre au point un patch qui alerterait en cas de dysfonctionnement. Des essais sont en cours.

Le principal écueil à la détection des crises est leur extrême diversité. Elles sont en effet très différentes selon l'âge et le contexte de leur survenue, certaines pouvant être d'origine génétique, d'autres métabolique ou encore tumorale… Si elles sont toujours identiques chez un même patient, elles varient de l'un à l'autre, les signes cliniques extérieurs dépendant de la zone cérébrale "allumée" en premier : diurnes ou nocturnes ; généralisées (tout le cerveau s'embrase) ou focales (une seule zone est concernée) ; avec ou sans perte de conscience… Ainsi, dans sa forme la plus discrète, l'épilepsie peut se caractériser par une très légère "absence" momentan[...]

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