Précarité menstruelle : à Compiègne, une association offre des protections écologiques aux étudiantes

Installés sur le parking de l’université de technologie de Compiègne (Oise), les bénévoles de l’association Utérus enchainent, ce matin-là, les distributions gratuites. Les étudiantes arrivent les unes après les autres pour récupérer serviettes hygiéniques lavables et coupes menstruelles. "Je viens surtout parce que ce sont des serviettes qui sont réutilisables. Je trouve cela plus écologique mais je n’ai pas forcément les moyens d’en acheter," témoigne Eloïse. Un tiers des étudiantes en difficulté Ne pas avoir les moyens de mettre dans son caddie des protections intimes... Si le sujet a longtemps été tabou, depuis quelques mois les langues se délient. La crise sanitaire qui touche de plein fouet le budget des étudiants y est bien sûr pour quelque chose. Selon une enquête de la FAGE (Fédération des Associations Générales Etudiantes) réalisée auprès de 6500 étudiantes fin 2020, 33% des jeunes-femmes interrogées estimaient avoir besoin d’une aide financière pour acheter des protections périodiques. Treize pour cent ont déclaré avoir dû choisir entre ces articles et d’autres produits de première nécessité. Face à ce constat, comme à Compiègne, les distributions de protections périodiques se sont multipliées dans les facultés françaises. L’association étudiante Utérus a également installé huit distributeurs dans les toilettes de l’université de technologie. Une initiative qui doit se généraliser à tous les campus de France à partir de septembre, selon le ministère de l’Enseignement supérieur.