Près de Marioupol en Ukraine, des images satellite dévoilent l'horreur de fosses communes

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Une image satellite des fosses communes à Manhush, prise par Maxar Technologies le 3 avril 2022. (Photo: via Associated Press)
Une image satellite des fosses communes à Manhush, prise par Maxar Technologies le 3 avril 2022. (Photo: via Associated Press)

Une image satellite des fosses communes à Manhush, prise par Maxar Technologies le 3 avril 2022. (Photo: via Associated Press)

GUERRE EN UKRAINE - “Les occupants auraient enterré entre 3 et 9000 résidents” à Manhush. Selon le maire de Marioupol, Vadym Boychenko, les Russes auraient caché les corps des habitants tués dans la ville portuaire dans des fosses communes. La société américaine Maxar Technologies confirme à l’aide d’images la présence d’un gigantesque charnier dans les environs de Marioupol, ville dont la Russie revendique le contrôle.

Ces images satellite, publiées ce jeudi 21 avril, montrent, selon la compagnie, “l’existence d’un site de fosses communes dans le nord-ouest de Manhush”, un village à 20 kilomètres à l’ouest de Marioupol. Le New York Times, qui a analysé ces images, estime qu’environ 300 trous ont été creusés aux abords du cimetière du village. Ces fosses auraient été creusées en l’espace de deux semaines.

“Des trous de trente mètres”

Les premières rangées de ces fosses communes ont été photographiées entre le 23 et le 26 mars, rapporte le quotidien américain. Les clichés pris le 6 avril montrent une “expansion spectaculaire du site, avec plus de 200 trous” récemment creusés, les fosses communes s’étendant sur “environ un demi-hectare de terrain”. “Les tombes sont alignées en quatre sections de rangs linéaires et contiennent plus de 200 nouvelles tombes”, a indiqué Maxar Technologies.

Dans ce seul village de Manhush, “les occupants auraient enterré entre 3 et 9000 résidents”, a affirmé sur Telegram la mairie de Marioupol. “Ils creusent des trous de trente mètres et amènent les corps de nos résidents de Marioupol dans des camions”, a-t-il assuré lors d’un point presse retransmis sur YouTube. “Les corps ont été ramenés par camion et ont été simplement jetés en tas”, a ajouté sur Telegram Piotr Andryushchenko, un adjoint du maire de Marioupol.

Selon Vadym Boychenko, les bombardements russes ont fait au moins 20.000 morts à Marioupol depuis le début du siège, qui a duré près de deux mois. Selon les autorités ukrainiennes, ils sont morts en raison des combats mais aussi à cause de l’absence de nourriture, d’eau et d’électricité.

Nommant les troupes “les envahisseurs”, Vadym Boychenko, cité par le Guardian, affirme qu’ils cherchent à “dissimuler les preuves de leurs crimes”, en enterrant leurs victimes aux abords du “cimetière localisé près d’une station-essence”.

Ce n’est pas la première fois que les troupes russes sont accusées d’avoir tué de nombreux civils. À Boutcha, face à l’afflux de morts découverts après le retrait des Russes, les Ukrainiens ont dû enterrer dans des fosses communes les victimes. Les cadavres, certains avec les mains attachées, avaient notamment été laissés dans les rues par les soldats russes.

Une enquête sur les “atrocités” commises près de Kiev

Depuis mi-avril, 18 experts de l’Institut de Recherches criminelles de la Gendarmerie nationale (IRCGN) s’attellent à aider à identifier les victimes enterrées dans la plus grande fosse commune de cette ville du nord-ouest de Kiev. Selon le maire de Boutcha, Anatoli Fedorouk, plus de 400 corps au total ont été découverts dans sa ville depuis le retrait des troupes russes.

À Motyzhin, à l’ouest de la capitale ukrainienne, les habitants ont découvert un charnier dans une forêt. Les victimes auraient été exécutées par les soldats russes. La maire de Motyzhin, Olga Sukhenko, son mari et son fils ont été tués avant d’être jetés dans cette fosse commune, rapportait l’agence AP début avril.

Des sépultures de fortune ont également été découvertes à proximité d’un hôpital de la ville dévastée de Borodianka, au nord-ouest de Kiev. Les autorités ont déclaré que neuf cadavres de civils, dont beaucoup ont été abattus, avaient été exhumés de ces tombes. Selon la police, ils présentaient des “signes de torture”.

Les experts, qui enquêtent sur les accusations de crimes de guerre portées contre les troupes russes, ont rassemblé plus de 1000 corps de civils dans des rues, des cours ou des sépultures improvisées dans les environs de la capitale ukrainienne. Cette enquête s’inscrit dans le cadre de la documentation de ce qu’Oleksandre Pavliouk, chef de l’administration militaire régionale de Kiev, a qualifié d’“atrocités” commises à la suite de l’invasion des troupes russes, qui ont par la suite été contraintes de se retirer de la région.

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Cet article a été initialement publié sur Le HuffPost et a été actualisé.

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