Près d'une voiture sur deux immatriculée à Paris est un SUV

feedback@motor1.com (Emmanuel Touzot)
Renault Koleos dans Paris

Un choix de véhicule inadapté ?

L'envol quasi incontrôlé des SUV sur le marché de l'automobile n'est plus à prouver, puisque ces véhicules représentent 38 % des ventes sur l'ensemble. Un phénomène qui a de mauvaises répercussions sur le plan de l'environnement, et que l'on attend à voir plutôt dans les régions limitées en population, compte tenu de leur taille souvent imposante. Mais en réalité, les chiffres révélés par AAA Data prouvent l'inverse, et révèlent que ces Sport Utility Vehicles ont le vent en poupe dans les grandes villes.

De manière encore plus étonnante, le département enregistrant le plus fort taux d'immatriculations de ces voitures n'est autre que la ville de Paris ! Et cette domination est assez nette, puisque 46 % des immatriculations dans le département de la capitale sont des SUV. Outre le fait qu'il s'agisse du département le plus attiré par ce segment de voitures, la capitale est également la grande ville dans laquelle on en trouve le plus, puisque la seconde est Lyon, avec 40 %.

D'autres infos sur les SUV

Du côté des départements, les Hauts-de-Seine arrivent seconds avec 44 %, et l'Yonne est troisième avec 42 %. La part varie assez nettement selon les zones géographiques, et de manière étonnante, on retrouve beaucoup de départements dénués de grandes villes dans le bas du classement. À noter toutefois que le bas du classement, soit les départements les moins attirés par les SUV, en immatriculent quand même 33 %. La moyenne nationale, elle, est à 38 %, contre 26 % en 2015.

Et c'est là que les grandes villes font le plus grand saut, puisque sur les neuf premiers mois de 2015, Paris n'avait enregistré que 22 % d'immatriculations de SUV, soit moins de la moitié du chiffre 2019. C'était également le même chiffre pour Lyon, soit près de deux fois moins, là aussi. Flavien Neuvy, directeur de l'Observatoire Cetelem, explique que le taux d'équipement des ménages dans Paris est le plus faible, ce qui peut justifier le besoin d'une telle voiture. Mais globalement, il confirme que rien ne justifie l'achat de ces voitures, dans la plupart des cas : "Il est vrai que du côté consommateur, cet achat est totalement irrationnel. Plus cher à l'achat, à l'entretien, à la consommation, aucune explication logique à cet engouement des automobiles. Mais c'est sans doute la preuve que la notion de plaisir est encore présente dans l'acte d'achat automobile".