Près de deux tiers des "insoumis" refusent de voter Macron

Près des deux tiers des soutiens de Jean-Luc Mélenchon qui ont participé à une consultation sur le second tour de l'élection présidentielle envisagent de voter blanc, nul ou de s'abstenir dans le duel qui opposera dimanche Marine Le Pen à Emmanuel Macron, selon les résultats du vote publiés mardi. /Photo prise le 18 avril 2017/REUTERS/Robert Pratta

PARIS (Reuters) - Près des deux tiers des soutiens de Jean-Luc Mélenchon qui ont participé à une consultation sur le second tour de l'élection présidentielle envisagent de voter blanc, nul ou de s'abstenir dans le duel qui opposera dimanche Marine Le Pen à Emmanuel Macron, selon les résultats du vote publiés mardi.

Cette consultation, qui avait été annoncée par le candidat le 23 avril au soir de son élimination de la course à l'Elysée, a rassemblé sur internet 243.128 "insoumis" sur les quelque 440.000 internautes qui avaient soutenu la candidature de l'eurodéputé, précise La France insoumise dans un communiqué.

Selon cette étude, 87.818 insoumis, soit 36,12%, se prononcent pour un vote blanc ou nul, 84.682, soit 34,83%, pour un vote Emmanuel Macron et 70.628, soit 29,05%, en faveur d'une abstention.

L'issue de cette consultation, qui excluait l'option d'un vote pour la candidate du Front national Marine Le Pen, est avant tout symbolique, La France insoumise ayant dit à plusieurs reprises qu'elle ne constituerait en rien une consigne de vote.

"Ce n'est pas une décision des Insoumis", a dit Charlotte Girard, co-responsable du programme du mouvement sur BFM TV. "C'est une indication sur les intentions de vote, qui témoigne de la difficulté d'exprimer le refus de ce qui se passe (...) ce qui est assez à l'image de la société française aujourd'hui".

"Il y a quand même encore 200.000 personnes qui n'ont pas jugé bon de se prononcer et qui, à mon avis, se cherchent encore et qui décideront le jour du vote", a-t-elle ajouté.

"MAUVAISE NOUVELLE"

La décision de Jean-Luc Mélenchon de ne pas appeler clairement à voter pour Emmanuel Macron pour faire barrage au Front national a soulevé une vague de critiques, notamment à gauche, où plusieurs élus ont dénoncé une "erreur" et une "faute", "intenable quand on est de gauche".

L'eurodéputé, arrivé quatrième avec 19,6% des voix à l'issue du premier tour, a confirmé dimanche sur TF1 sa position tout en mettant en garde ses électeurs contre la "terrible erreur" que représenterait un vote en faveur du FN.

"Nous, c'est clair que ce qui nous rassemble, c'est 'pas une voix pour le Front national'", a dit mardi le porte-parole de Jean-Luc Mélenchon Alexis Corbière, sur BFM TV, après l'annonce des résultats de la consultation.

"(En même temps) il y a des gens qui ont voté Mélenchon qui aussi vont utiliser le bulletin Macron pour dire 'non' à Madame Le Pen. C'est ainsi", a-t-il ajouté.

Le résultat de la consultation a été déploré par le Parti communiste français (PCF), dont le secrétaire national Pierre Laurent avait appelé dès le soir du premier tour à voter en faveur d'Emmanuel Macron. [L8N1HV0WE]

"Alors que Marine Le Pen est aux portes du pouvoir, le résultat de la consultation de La France insoumise n'est peut-être qu'une photographie mais c'est une mauvaise nouvelle", a réagi Igor Zamichiei, secrétaire départemental du PCF à Paris, sur son compte Facebook.

"Continuons à tenter de convaincre, d'argumenter, dans le respect, auprès de nos partenaires et du plus grand nombre sur le fait qu'on ne peut pas tracer un trait d'égalité entre la politique de Macron et celle de Le Pen", a-t-il ajouté.

(Marine Pennetier et Elizabeth Pineau, édité par Yves Clarisse)

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