PPDA: Témoignant publiquement, 7 accusatrices dénoncent le classement sans suite de leur plainte

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Patrick Poivre d'Arvor, ici au Festival de Cannes, en mai 2019. (Photo: Associated Press)
Patrick Poivre d'Arvor, ici au Festival de Cannes, en mai 2019. (Photo: Associated Press)

PPDA - C’est la première fois, pour certaines, qu’on voit leur visage. Dans un article publié par Libération ce lundi 8 novembre, huit femmes accusent l’ancien présentateur star de TF1, Patrick Poivre d’Arvor, de faits pouvant être, notent nos confrères, juridiquement qualifiés de “viol”, “agression sexuelle” ou “harcèlement”.

Parmi ces femmes, sept d’entre elles ont accepté de témoigner à visage découvert, leur photo publiée dans le journal. Plusieurs d’entre elles s’étaient déjà exprimées dans Le Monde en mars 2021.

Selon Libé, elles prennent la parole “parce qu’elles ont été choquées par le classement sans suite de l’enquête préliminaire ouverte en février dernier suite à la plainte pour viol déposée par Florence Porcel”. Choquées également par les déclarations de PPDA dans l’émission Quotidien sur TMC, dans laquelle il avait notamment évoqué une ”époque révolue” où il pouvait parfois y avoir “des petits bisous dans le cou”.

Une affaire qui pourrait d’ailleurs connaître de nouveaux rebondissements prochainement. Libération assure que Florence Porcel pourrait déposer une nouvelle plainte pour viol avec constitution de partie civile. Elle dénonce un viol qui se serait produit en 2009 et dont le parquet a jugé qu’il était “insuffisamment caractérisé”.

Nos confrères expliquent que ces femmes sont issues de tous les milieux sociaux et de toute la France et ne se connaissaient pas les unes les autres. “Elles se sont d’abord parlé par téléphone puis ont échangé par messagerie, avant de se rencontrer, pour quelques-unes, lors d’un dîner au printemps”, ajoute Libération.

Un mode opératoire similaire

Ces femmes, dont la journaliste Stéphanie Khayat, l’ex-reporter Cécile Thimoreau ou encore la dirigeante de société Muriel Reus, dénoncent un “schéma de domination” mêlant “abus de pouvoir et sentiment de toute-puissance”.

Elles racontent, dans leurs auditions ou dans leurs interviews à Libération, un mode opératoire similaire de PPDA. Le policier chargé de l’enquête lui-même le note dans son rapport final, selon le quotidien, qui s’est procuré le dossier.

“Ces témoignages décrivent Patrick Poivre d’Arvor comme un prédateur sexuel abusant de sa notoriété et usant d’un mode opératoire similaire dans l’approche de ses victimes et dans la brutalité de ses actes, commis sans la moindre tentative de séduction, ni la moindre considération envers les femmes qui osaient refuser ses avances”, aurait-il écrit.

Plusieurs d’entre elles mettent également en cause le groupe audiovisuel. “La direction de TF1 savait ce que PPDA faisait aux femmes”, assure Muriel Reus.

Sollicité par Libération, Patrick Poivre d’Arvor a rappelé qu’une décision de justice avait été donnée et lui ”était favorable”. Au sujet des plaintes, il estime que “bon nombre d’entre elles n’avaient rien de spontané puisque de nombreux éléments tendent à démontrer l’existence d’une concertation”.

Il ajoute, au sujet de l’article de nos confrères cette fois, qu’il s’agit “d’une tentative de contournement médiatique d’une décision d’ordre judiciaire qui (lui) semble regrettable, inquiétante et dangereuse”.

Enquête classée sans suite

Après cinq mois d’enquête, le parquet de Nanterre avait décidé en juin de la classer sans suite. Au total, huit femmes avaient déposé des plaintes pour “viol”, “harcèlement sexuel” ou “agression sexuelle” contre PPDA, mais les investigations ont révélé que les faits étaient soit prescrits soit insuffisamment qualifiés pour faire l’objet de poursuites judiciaires.

Le 20 février, Patrick Poivre d’Arvor avait déjà nié toute forme d’emprise ou de contrainte vis-à-vis de Florence Porcel qui l’accuse de viols, se disant “révolté” dans un texte publié sur sa page Facebook. Début mars sur le plateau de Quotidien, il avait de nouveau nié en bloc ces accusations, indiquant avoir porté plainte pour diffamation contre l’autrice.

Claire Chazal, ancienne compagne de PPDA et mère de leur fils François, et Jean-Pierre Pernaut, ancien présentateur du 13-Heures, l’avaient aussi défendu, plus tôt, arguant notamment que son bureau se trouvait au cœur de la rédaction et que des comportements répréhensibles auraient été vus ou sus.

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Cet article a été initialement publié sur Le HuffPost et a été actualisé.

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