"Nous pouvons gagner": le chef de la diplomatie ukrainien affirme que la Russie peut être battue

Dans une interview accordée au Journal du dimanche, le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Dmytro Kuleba, s'exprime sur la guerre. Il croit à une victoire conte la Russie, après une nouvelle offensive de Kiev.

Les troupes ukrainiennes ont récemment lancé une double offensive dans le sud et l'est du pays, et réalisent d'importants progrès dans les territoires contrôlés par les Russes. Dans un entretien accordé au Journal du Dimanche, Dmytro Kuleba, le ministre des Affaires étrangères, revient sur cette situation, qui montre, selon lui, qu'une victoire contre la Russie est possible.

"C’est la première contre-offensive que nous menons. Elle prouve que la Russie peut non seulement être stoppée, mais aussi battue", affirme le chef de la diplomatie ukrainienne. Il répète que l'objectif reste de "restaurer pleinement l’intégrité territoriale de l’Ukraine. Cela va prendre du temps, exiger des sacrifices, mais nous y parviendrons."

Il ne peut pas communiquer de chiffres exacts sur les territoires qui sont repassés sous contrôle ukrainien. "Il est question de plusieurs centaines de kilomètres carrés", estime-t-il néanmoins.

La question des armes reste essentielle

Dmytro Kuleba juge aussi que ces premières victoires n'auraient pas été possibles sans les canons Caesar français et les Himars américains. Mais avec l'étirement des lignes de front, les besoins en équipements restent pressants. "En matière d’armement lourd, la Russie nous surpasse encore", concède le ministre.

Jeudi, il a justement rencontré le secrétaire d'État américain Anthony Blinken. Ce dernier a promis une nouvelle aide de 2,8 milliards de dollars, dont 675 millions en armement. "Depuis le 24 février, j’ai appris un art spécial de la diplomatie qui se résume à une phrase: trouve des armes pour ton pays! Un jour, quand je rédigerai mes mémoires, je décrirai tous les modèles de coopération pour y parvenir", raconte Dmytro Kuleba.

"Si nous joignons nos efforts, que la force morale et les sacrifices des Ukrainiens se conjuguent aux armes fournies par l’Occident, nous pouvons gagner", lance-t-il.

"Jamais nous ne considérerons Zaporijia comme une cible"

Le chef de la diplomatie revient aussi sur la situation à la centrale nucléaire de Zaporijia. "Jamais nous ne [la] considérerons comme une cible", répond-il face aux accusations de bombardement lancées par la Russie, bien qu'il concède qu'il y a des combats proches du site. Il approuve la mission et le rapport de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) et demande "le retrait total des troupes et techniciens russes".

Il exclut toutefois un arrêt du fonctionnement de la centrale. "Notre intérêt vital est de la garder connectée au réseau électrique ukrainien, assure-t-il. Cela nous permet d’abord d’assurer notre sécurité énergétique et ensuite de pouvoir exporter de l’électricité vers l’Union européenne." Pourtant, l'opérateur annonce ce dimanche l'arrêt du dernier réacteur encore en activité.

Enfin, Dmytro Kuleba n'exclut nullement une "paix négociée" avec la Russie. Mais il l'affirme: "nous voulons nous asseoir à la table des négociations dans la position du vainqueur. Et c’est sur le champ de bataille que cela se décide."

Article original publié sur BFMTV.com

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