"Le pouvoir ne se transmet pas, il se conquiert" : à Marseille, Jean-Claude Gaudin laisse un terrain miné à ses successeurs

Ilan Caro

Une petite centaine de manifestants est là, matinale, devant la rangée de barrières qui mène à l'hémicycle. Sur la grande esplanade qui jouxte l'hôtel de ville, les élus se fraient un passage, un par un, entre les pancartes et les bruits de casserole, pour se rendre à la réunion du conseil municipal du lundi 25 novembre. L'avant-dernière avant la fin de règne de l'indéboulonnable Jean-Claude Gaudin, 80 ans, qui aura passé un quart de siècle à la tête de Marseille. La séance s'annonce houleuse, puisque consacrée à deux rapports cinglants de la chambre régionale des comptes (CRC) sur la gestion des deniers publics par la municipalité. L'un concerne sa situation financière et son patrimoine, l'autre vise les dépenses de personnel.

Sur le parvis, des applaudissements accompagnent les élus de gauche, qui claquent quelques bises. Une bordée de huées couvre l'arrivée des conseillers de la majorité municipale. L'un d'eux, assigné en justice par une jeune femme pour lui avoir loué en guise d'appartement un ancien garage aux murs qui moisissent, est directement pris à partie. "Marchand de sommeil ! Loueur de taudis !", lui crache un homme, entre autres quolibets. "Jean-Claude Dingo, t'as pas fait les travaux ! Gilles, Vassal, complices", lit-on sur un carton, en référence aux deux prétendants de droite à la succession du vieux lion.


Bruno Gilles ou Martine Vassal (...)

Lire la suite sur Franceinfo

A lire aussi