Pouvoir d'achat : le parlement français adopte définitivement le second volet de mesures

© Philippe Huguen, AFP

Le parlement français a adopté définitivement jeudi le second volet du paquet pouvoir d'achat après un ultime vote de l'Assemblée nationale et du Sénat. Quelque 44 milliards d'euros de crédits vont être ouverts, notamment pour financer la renationalisation totale d'EDF ou encore la revalorisation du point d'indice des fonctionnaires.

Après le premier volet voté mercredi, le second jeudi 4 août : le parlement français a adopté définitivement le budget rectifié pour 2022, qui vise à revaloriser le pouvoir d'achat.

Les sénateurs l'ont approuvé par 233 voix contre 97, avec le soutien des groupes LR, centriste, RDPI à majorité En Marche, Indépendants et RDSE à majorité radicale. La gauche a voté contre. Cinq sénateurs centristes ont voté contre également, 3 se sont abstenus, de même que 11 LR.

Après un premier volet comprenant 20 milliards d'euros de dépenses, le budget rectifié pour 2022 (PLFR) ouvre 44 milliards d'euros de crédits, dont 9,7 pour financer la renationalisation à 100 % d'EDF. Il prévoit notamment la poursuite du bouclier tarifaire sur l'énergie et de la remise carburant, et la revalorisation du point d'indice des fonctionnaires.

"Ces premières semaines étaient décisives. L'adoption de trois textes importants est aussi une bonne nouvelle pour notre démocratie. Nous avons construit des solutions avec les parlementaires de la majorité et des membres de l'opposition de l'arc républicain. Nous avons prouvé que le compromis, demandé par les Français, était possible et accessible", s'est félicitée Élisabeth Borne.

"Je crois, comme je l'avais dit lors de ma déclaration de politique générale, à des majorités de projets et de valeurs", a-t-elle ajouté dans une déclaration transmise à l'AFP.

"La valeur travail est reconnue et soutenue", a pour sa part estimé le rapporteur général LR Jean-François Husson, soulignant l'engagement du Sénat à "garantir aux collectivités territoriales les moyens de leurs actions". Ce PLFR, a-t-il ajouté, "doit nous faire prendre conscience définitivement de la rigueur et de la sobriété budgétaires dont le Parlement et l'exécutif doivent faire preuve".

Pas de taxation des "superprofits"

Jean-Claude Requier, président du groupe RDSE, a relevé "une dégradation du solde public de plus de 15 milliards d'euros".

Claude Malhuret, président du groupe Les Indépendants, a lui vu dans la monétisation des RTT la possibilité pour les salariés "d'augmenter leur rémunération par leur travail".

La centriste Sylvie Vermeillet a quant à elle regretté que le Parlement n'ait pas introduit une taxation des "superprofits", estimant que "demander un effort de solidarité (...) aux entreprises qui ont engendré des bénéfices exceptionnels, alors même que l'État a subventionné massivement l'économie dans le cadre de l'épidémie de Covid, est juste".

La gauche a dénoncé "la convergence" entre la droite et la majorité présidentielle, qui "sapera les uns après les autres les intérêts des classes populaires", selon la présidente du groupe CRCE Éliane Assassi. L'écologiste Daniel Breuiller a fustigé "l'accord entre deux visions libérales".

Les socialistes ont voté contre de "graves reculs sociaux", selon les mots de leur chef de file sur ce texte, Rémi Féraud.

Pour le RDPI à majorité En Marche, Alain Richard a jugé que "le gouvernement a été à la fois responsable et à l'écoute" et "a trouvé des partenaires de dialogue".

Avec AFP

Notre objectif est de créer un endroit sûr et engageant pour que les utilisateurs communiquent entre eux en fonction de leurs centres d’intérêt et de leurs passions. Afin d'améliorer l’expérience dans notre communauté, nous suspendons temporairement les commentaires d'articles