Pouvoir d'achat: adoption du premier volet à l'Assemblée malgré un baroud d'honneur de LFI

Les députés en session à l'Assemblée nationale, le 2 août 2022 à Paris - JULIEN DE ROSA © 2019 AFP
Les députés en session à l'Assemblée nationale, le 2 août 2022 à Paris - JULIEN DE ROSA © 2019 AFP

Avant le Sénat, l'Assemblée nationale a donné mercredi un dernier feu vert au premier volet de mesures en faveur du pouvoir d'achat, malgré une motion de rejet LFI contre un texte de "régression" selon ces députés.

Augmentation de 4% des pensions de retraite et de plusieurs allocations avec effet rétroactif au 1er juillet 2022, plafonnement de la hausse des loyers à 3,5% dans l'Hexagone et encore le triplement du plafond de la prime Macron pouvant être versée par les employeurs: ce projet de loi "d'urgence" a été validé par 395 voix contre 112 et 36 abstentions.

La majorité a vanté des "mesures concrètes". Le groupe LR, à qui des gages ont été donnés, s'est aussi prononcé pour des dispositions allant "dans le bon sens" mais "insuffisantes" et laissant "un goût d'inachevé". Les députés RN ont soutenu des "petits pas", tout en déplorant d'avoir été écartés des négociations avec l'exécutif.

Un "exemple" de "co-construction"

Critiquant une "co-gestion avec LR" sur ce texte, la gauche s'est partagée entre contre (LFI, PCF, écologistes) et abstentions (PS).

Le Sénat dominé par la droite, qui a trouvé un terrain d'entente avec la majorité présidentielle, doit encore le voter une dernière fois en fin d'après-midi, ce qui vaudra validation au nom du Parlement. "Aucun pays en Europe ne fait autant en soutien au pouvoir d'achat", a affirmé le ministre du Travail Olivier Dussopt devant les députés, saluant un "exemple" de "co-construction" avec les parlementaires.

"Théâtre permanent pour Youtubeurs"

Mais les députés LFI ont défendu en vain une motion de rejet préalable d'un projet de loi "indigne" qui selon eux "entérine la régression du pouvoir d'achat" compte tenu de la forte inflation (+6,1% en juillet sur un an d'après l'Insee). Dans son volet énergie, qui anticipe des difficultés d'approvisionnement l'hiver prochain, le texte "nous entraîne dans un modèle destructeur du climat", a tonné l'insoumise Aurélie Trouvé, annonçant une saisine du Conseil constitutionnel sur ce point.

Le ton est monté avec la majorité, alors que Bruno Millienne (MoDem) reprochait aux insoumis d'avoir "transformé cet hémicycle en théâtre permanent pour Youtubeurs", leur lançant: "vous n'êtes pas la démocratie". Kevin Mauvieux (RN) a aussi reproché à LFI d'être dans "l'obstruction à tout, tout le temps".

Article original publié sur BFMTV.com

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