"Si je pouvais revenir en arrière": premier jour de procès pour le responsable présumé de l'incendie de Rognac

·2 min de lecture
La balance de la Justice (illustration) - AFP
La balance de la Justice (illustration) - AFP

6244892569001_6282097914001

"Si je pouvais revenir en arrière...": auteur involontaire, en jetant un mégot, d'un gigantesque incendie qui avait atteint les portes de Marseille, en août 2016, Mostafa El Fathi, un maçon de 40 ans, a exprimé ses regrets lundi devant le tribunal correctionnel.
Sur un chantier, à Rognac, il avait jeté dans les broussailles un mégot qu'il croyait éteint, provoquant le cinquième plus important feu de forêt enregistré dans les Bouches-du-Rhône depuis 1973. Attisées par un vent violent et la sécheresse, les flammes avaient parcouru quinze kilomètres, jusqu'à 83 mètres par minute, pour finalement échouer à Marseille.

2.655 hectares parcourus

Totalement éteint au bout de dix jours, le sinistre avait parcouru 2.655 hectares, dont 630 de forêt, et mobilisé près de 1.800 pompiers. Huit personnes avaient été blessées, dont un homme de 64 ans gravement brûlé alors qu'il tentait de fuir le brasier à Vitrolles. Le coût de cet incendie a été chiffré à 63 millions d'euros, le feu ayant touché 117 bâtiments et installations, dont 26 maisons totalement détruites. Dans les salles d'audience du tribunal judiciaire d'Aix-en-Provence, où les débats étaient retransmis, plusieurs dizaines des 447 victimes ont pris place lundi. Plus de 250 d'entre-elles se sont constituées parties civiles.

Des "versions évolutives"

La présidente du tribunal, Estelle Lassaussois, a pointé les "versions évolutives" du prévenu, qui avait d'abord assuré aux gendarmes ne pas avoir fumé sur le chantier, puis, en garde à vue, avait concédé avoir fumé mais ne pas s'en souvenir: "Vous avez un problème avec la vérité", a relevé la présidente, "vous n'arrêtez pas de mentir par-ci, par-là, de raconter des bobards".

"Quand j'ai reconnu, j'étais soulagé", a concédé le prévenu, en plaidant le geste involontaire : "Je l'ai éteint la cigarette, j'ai dû mal l'éteindre". 6244892569001_6282042667001

"Vous n'êtes pas de Calais, quand on habite la région, on sait qu'on ne fume pas dans la campagne", a insisté la présidente, rappelant que ce jour là justement le maçon ne devait pas travailler car il y avait des risques d'étincelles.

Procès jusqu'à mercredi

L'examen des demandes d'indemnisation des parties civiles a été disjoint et donnera lieu à une audience civile le 5 mai. Quelques victimes ont cependant évoqué à la barre le souvenir de ce 10 août 2016. Une Vitrollaise a ainsi raconté comment "une boule de feu est tombée devant elle alors qu'elle fuyait avec ses trois chats" son "jardin en flammes": ne parvenant pas à joindre le 18, elle avait réussi à contacter un pompier bénévole en composant un numéro figurant sur le calendrier des pompiers. Le procès est prévu jusqu'à mercredi. Le prévenu risque jusqu'à cinq ans de prison et 75.000 euros d'amende.

Article original publié sur BFMTV.com

Notre objectif est de créer un endroit sûr et engageant pour que les utilisateurs communiquent entre eux en fonction de leurs centres d’intérêt et de leurs passions. Afin d'améliorer l’expérience dans notre communauté, nous suspendons temporairement les commentaires d'articles