Poutine veut obliger les Occidentaux à aller à sa rencontre»

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Actions externes, même violentes, guidées par le souci d’une reconnaissance de son pays, exercice solitaire et pragmatique du pouvoir… Le politologue Stanislav Belkovsky décrypte la stratégie actuelle du président russe.

Fondateur de l’Institut de stratégie national, un think tank moscovite, et célèbre pour ses rapports approfondis sur les oligarques au début des années 2000, Stanislav Belkovsky est le principal expert politique de la seule chaîne de télé indépendante russe, Dojd.

Comment qualifier la politique étrangère russe ?

Il ne s’agit pas d’une opposition à l’Occident, mais d’une confrontation pour forcer l’Occident à aimer la Russie. Il faut se souvenir que Vladimir Poutine a été atlantiste et très pro-européen quand il est arrivé au pouvoir. Mais après une série de déconvenues, il a fini par être convaincu que l’Occident lui mentait en permanence. En 2007, dans son célèbre et odieux discours de Munich, il a prévenu : «Nous venons avec de l’argent, pas avec des chars, acceptez-nous avant qu’il ne soit trop tard.» En 2013-2014, il engage des tentatives ultimes pour rallier à lui l’Occident : il libère Khodorkovski [le magnat du pétrole emprisonné en 2003 pour escroquerie à grande échelle, devenu le prisonnier politique le plus célèbre de Russie, ndlr], les Pussy Riot [ces punkettes qui ont fini en prison pour avoir dansé dans une cathédrale] ou encore les écolos de Greenpeace. Il reçoit alors en réponse un ultime affront : aucun des leaders mondiaux ne vient à l’inauguration de ses JO à Sotchi, en 2014. Pire, au même moment à Kiev commence une révolution, le Maidan, et, pour Poutine, ce sont les Américains qui l’ont fomentée. Alors aujourd’hui, le message a changé : «Nous venons avec des chars jusqu’à ce que vous acceptiez la réconciliation.»

Quelles vont être les relations de Poutine avec la Maison Blanche ?

Il ne va pas s’allier avec les Etats-Unis contre l’UE. La seule chose qui lui plaît chez Trump, c’est qu’il est un candidat antisystème. Mais d’un point (...)

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