Poutine a-t-il des millions cachés en Suisse ?

PHOTO JAKUB PORZYCKI/NURPHOTO VIA AFP

Et si Vladimir Poutine dissimulait sa fortune en Suisse ? Selon la Tribune de Genève, cette hypothèse est au cœur d’une plainte “spectaculaire” déposée par le ministère public zurichois. Le patron de la filiale suisse de la Gazprombank et trois cadres de l’établissement bancaire russe sont accusés d’avoir ouvert et géré plusieurs comptes sur lesquels de l’argent ayant appartenu au président russe aurait transité entre 2014 et 2016, en lien avec la banque russe Rossiya.

Les quatre accusés, qui contestent la version du parquet, auraient dissimulé l’origine de quelque 50 millions de francs suisses (environ 50 millions d’euros). “Et ce à un moment où la Russie avait déjà annexé la Crimée”, et où Rossiya faisait l’objet de sanctions américaines. Le ministère public considère par ailleurs que leur propriétaire officiel, le violoncelliste Sergueï Roldouguine, n’est “qu’un homme de paille, derrière lequel se cachent en réalité le chef de guerre russe et son entourage”.

Un procès “spectaculaire”

Le journal du groupe Tamedia – dont la cellule d’investigation avait déjà enquêté en 2016 sur ces comptes bancaires dans le cadre des révélations des Panama Papers – rappelle que le musicien russe “fait partie des amis les plus proches de Poutine” et qu’il est même le parrain de sa fille. Or, “dans son acte d’accusation, le ministère public écrit clairement que le musicien Sergueï Roldouguine ne serait ‘effectivement pas’ le véritable propriétaire de toutes les richesses sur les comptes de Gazprombank”.

Le parquet zurichois considère que sa profession de musicien ne lui permettrait pas d’avoir des revenus assez importants. Il ne serait par ailleurs “pas plausible” que Sergueï Roldouguine ait pu financer l’achat de parts dans une entreprise médiatique qui reversait des dividendes sur les comptes à son nom. Vladimir Poutine, à l’inverse, disposerait d’“énormes valeurs patrimoniales gérées par des personnes qui lui sont proches”, d’après l’acte d’accusation.

Quelle qu’en soit l’issue, “le procès [qui débutera le 8 mars] s’annonce spectaculaire”, estime la Tribune de Genève. Il vise en effet des cadres, chose relativement rare dans les affaires de délits financiers, mais aussi l’entourage du maître du Kremlin. “Et ce en pleine guerre.”

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