Poutine estime que le monde connaît la décennie "la plus dangereuse" depuis la Seconde Guerre mondiale

Vladimir Poutine le 27 octobre 2022 - BFMTV

Le dirigeant russe accuse les pays occidentaux d'avoir "fait beaucoup de choses pour aggraver la situation mondiale."

Une prise de parole qui égratigne de nouveau ses adversaires politiques et idéologiques. Ce jeudi, le président russe Vladimir Poutine a longuement pris la parole devant les membres du club Valdaï, un influent forum international annuel qui réfléchit à la place de la Russie dans le monde. Un rendez-vous particulier cette année, alors que le 24 février dernier, le Kremlin a lancé son "opération militaire spéciale" en Ukraine.

Décennie "la plus dangereuse"

Durant de longues minutes en début de discours, Vladimir Poutine a vivement critiqué "les sociétés occidentales", qu'il accuse d'être "aveuglées" et d'avoir commis "des fautes systémiques."

"Cela n’a pas été fait exprès mais ce sont des fautes systémiques faites par ces élites des puissances occidentales. L’Occident a fait beaucoup de choses pour aggraver la situation mondiale : provoquer la guerre en Ukraine, la déstabilisation autour de Taïwan, provoquer une crise humanitaire", a-t-il dit.

Dans le même temps, Vladimir Poutine a également critiqué la manière dont l'Occident empêche les autres pays du monde, en particulier les pays en développement, de poursuivre leur évolution, et défendu son "droit à exister." Pour lui, le monde entre dans sa décennie "la plus dangereuse" depuis la Seconde Guerre mondiale.

"Les autres n’ont pas le droit à un développement particulier et indépendant. L’Occident est aveuglé par une sensation de supériorité qui dure. Les Occidentaux pensent que tous les autres doivent encore attendre avant d’arriver à leur niveau, mais en 50 ans, rien n’a changé. Cet aveuglement raciste et néo-colonial existe toujours et s’est aggravé", martèle-t-il.

Poutine attaque la "cancel culture"

Dans un second temps, le discours de Vladimir Poutine s'est penché sur la direction que prend l'Occident en matière sociale. Comme il l'avait déjà fait à plusieurs reprises lors d'anciens discours, il a ainsi de nouveau attaqué "la cancel culture."

"Les nazis avaient brûlé des livres et maintenant il y a des interdits de Dostoïevski, de Tchaïkovski, de la part de ces pays entre guillemets d’avant-garde et de progrès, la cancel culture annule toute pensée indépendante libre dans l’économie, la culture, partout", avance-t-il.

En guise de conclusion, l'homme fort du Kremlin a rappelé que "personne ne peut dicter à notre peuple sa société."

"Ce monopole existe pour empêcher l’émergence de modèles économiques plus attractifs et intéressants de ce qui existe déjà. [...] Les nouvelles tendances genre les défiles homosexuels ou les neufs genres différents. S’ils le veulent qu’ils le fassent chez eux mais ils n’ont pas le droit d’exiger chez les autres de faire la même chose", termine-t-il.

Article original publié sur BFMTV.com

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