Poursuite de la contestation en Birmanie, deux morts à Mandalay

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POURSUITE DE LA CONTESTATION EN BIRMANIE, DEUX MORTS À MANDALAY

(Reuters) - Deux personnes ont été tuées samedi à Mandalay, la deuxième ville de Birmanie, lors d'affrontements entre la police est des manifestants dénonçant le coup d'Etat militaire du 1er février et l'arrestation de la dirigeante élue Aung San Suu Kyi.

Les manifestants ont lancé des projectiles sur la police qui a riposté avec des gaz lacrymogènes et des tirs, selon une organisation de secouristes volontaires, qui a fait état d'une vingtaine de blessés.

Un médecin volontaire a confirmé les deux morts en précisant que l'un avait été touché à la tête et l'autre à la poitrine.

A Rangoun, première ville du pays, des membres des différentes communautés ethniques du pays ont défilé ensemble pour afficher leur solidarité dans une contestation qui ne faiblit pas.

"Nous devons remporter ce combat", a déclaré à Reuters Ke Jung, membre de la minorité Naga présent à cette manifestation. "Nous sommes unis avec la population. Nous combattrons jusqu'à la fin de la dictature."

Le ministre britannique des Affaires étrangères Dominic Raab a déclaré samedi que la Grande-Bretagne allait envisager de nouvelles actions contre ceux impliqués dans les violences contre les manifestants contestant le coup d'Etat militaire.

La Birmanie a connu plusieurs insurrections de minorités ethniques depuis son indépendance en 1948 et l'armée s'y présente comme la seule institution capable de garantir l'unité nationale.

Aung San Suu Kyi fait partie de la communauté birmane, majoritaire dans le pays. Son gouvernement avait encouragé le processus de paix avec les groupes insurgés mais la dirigeante avait été critiquée par la communauté internationale pour son silence et son inaction face à la répression menée par l'armée contre la minorité Rohingya.

Toujours à Rangoun, des manifestants ont déposé une gerbe pour honorer la mémoire de Mya Thwate Khaing, une jeune femme qui a succombé vendredi à ses blessures, plusieurs jours après avoir été touchée à la tête lors de la dispersion par la police d'une manifestants dans la capitale, Naypyitaw.

La contestation, qui s'accompagne de grèves dans de nombreuses administrations, ne montre aucun signe d'essoufflement malgré la promesse de la junte d'organiser des élections et ses appels, doublés de menaces, à une reprise du travail des fonctionnaires.

L'armée affirme avoir le soutien d'une majorité de la population.

Elle a pris le pouvoir après avoir dénoncé pendant des semaines des fraudes lors des élections législatives du 8 novembre remportées à une écrasante majorité par la Ligue nationale pour la démocratie (LND) d'Aung San Suu Kyi. La commission électorale a rejeté ces accusations.

(Bureaux de Reuters, version française Patrick Vignal et Matthieu Protard)