"Pourra-t-on continuer à filmer les interventions policières? Oui": Darmanin défend le texte sur la "sécurité globale"

Ambre Lepoivre
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Le ministre de l'Intérieur Gerald Darmanin, le 10 novembre 2020 à l'Assemblée nationale - Thomas COEX © 2019 AFP
Le ministre de l'Intérieur Gerald Darmanin, le 10 novembre 2020 à l'Assemblée nationale - Thomas COEX © 2019 AFP

Le ministre de l'Intérieur est monté au créneau ce mardi pour défendre un article controversé du projet de loi "sécurité globale". Débattu par les députés de l'Assemblée nationale, l'article 24 propose de pénaliser d'un an de prison et de 45.000 euros d'amende la diffusion de "l'image du visage ou tout autre élément d'identification" d'un policier ou d'un gendarme en intervention lorsque celle-ci a pour but de porter "atteinte à son intégrité physique ou psychique".

Cette proposition a entraîné une levée de boucliers, dénonçant notamment une atteinte au droit d'informer, à laquelle Gérald Darmanin a répondu dans l'hémicycle.

"Est-ce-que les journalistes pourront continuer à les filmer? La réponse est oui. Pourront-ils continuer à diffuser? La réponse est oui. Est-ce-qu'un citoyen pourra filmer une intervention de police? La réponse est oui. Pourra-t-il le dénoncer auprès d'un procureur de la République? La réponse est oui. Mais pourra-t-on désormais faire des appels au viol sur des policières ou des appels au meurtre sur des policiers? La réponse est non et tant mieux que l'article 24 soit adopté!", s'est emporté le ministre, rappelant l'assassinat de deux policiers à leur domicile de Magnanville lors d'une attaque terroriste jihadiste en 2016.

"Les fonctionnaires les plus contrôlés"

Pour contrer l'argument avancé d'un risque d'impunité des forces de l'ordre dans l'exercice de leur fonction, Gérarl Darmanin a souligné que "les policiers et gendarmes sont parmi les fonctionnaires les plus contrôlés et, proportionnellement, les plus sanctionnés de toutes les administrations".

Un peu plus tôt, Christophe Castaner a lui aussi défendu cette mesure qui fait bondir les défenseurs des libertés publiques et des experts indépendants mandatés par l'ONU qui redoutent "des atteintes importantes" aux "libertés fondamentales". Le chef de file des députés LaREM regrette que le débat autour de la proposition de loi se concentre sur "des polémiques très caricaturales" et a promis que le groupe LaREM allait s'attacher à conserver une "position d'équilibre" sur le texte.

Article original publié sur BFMTV.com